🌍 Conflit au Moyen-Orient

Les Somaliens revoient leurs routes commerciales après les perturbations des houthis

«Les récentes tensions dans le détroit de Bab al-Mandab, ainsi que celles dans le détroit d’Ormuz, nous ont porté préjudice.»

Publié le 

Des ouvriers chargent des marchandises au port de Mogadiscio, en Somalie, le dimanche 13 septembre 2026. AP Photo/Farah Abdi Warsameh Des ouvriers chargent des marchandises au port de Mogadiscio, en Somalie, le dimanche 13 septembre 2026. AP Photo (Farah Abdi Warsameh)

Le monde des affaires somalien recherche des itinéraires maritimes alternatifs en raison des perturbations et des problèmes de sécurité autour du détroit de Bab al-Mandab et du détroit d’Ormuz après que les houthis, soutenus par l’Iran, se sont emparés d’une ville portuaire stratégique et d’une île. Cet événement a poussé des milliers de Yéménites à fuir vers Djibouti, le pays voisin.

Les entreprises importaient traditionnellement leurs marchandises d’Asie via les pays du Golfe, tels que les Émirats arabes unis, Oman et l’Arabie saoudite. Certaines tentent dorénavant une approche plus directe.

«Les récentes tensions dans le détroit de Bab al-Mandab, ainsi que celles dans le détroit d’Ormuz, nous ont porté préjudice, a indiqué Mohamed Ali Nur, directeur du port maritime de Mogadiscio. Mais nous avons également pris des mesures pour éviter ces perturbations.»

M. Nur a expliqué que son port avait collaboré avec les exportateurs pour trouver de nouveaux itinéraires.

«Pour la première fois, nous avons fait venir un navire transportant du sucre en provenance directe du Sri Lanka, a détaillé M. Nur. Il pourrait s’agir d’une stratégie que nous avons mise au point en raison de ces tensions.»

Le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et l’Arabie saoudite combattent les houthis depuis 12 ans.

La récente escalade a mis fin à un cessez-le-feu qui avait largement endigué la guerre civile à travers le Yémen depuis 2022.

Aujourd’hui, le nombre de Yéménites fuyant les combats est en forte hausse.

L’Organisation internationale pour les migrations a indiqué dimanche que plus de 85 000 personnes avaient été déplacées depuis le début du mois. Plus de 2000 personnes ont atteint Djibouti, a précisé l’agence.

Dans le port maritime très animé de Mogadiscio, les cargos continuent de décharger des denrées alimentaires et d’autres produits de base. La Somalie dépend particulièrement du commerce maritime pour bon nombre des biens dont sa population a besoin au quotidien.

Pour les consommateurs somaliens ordinaires, les changements dans les itinéraires maritimes finissent par se répercuter sur les marchés, où sont vendus les produits alimentaires importés et d’autres marchandises. Des trajets plus longs ou plus compliqués peuvent entraîner une hausse des coûts de transport et des retards dans la mise en rayon des produits.

Le capitaine Ali Jemdi, originaire de Syrie et qui transporte des cargaisons de sucre, a déclaré que l’incertitude régnant dans la région suscitait déjà des inquiétudes pour les navires circulant sur ces routes.

«Il y a des troubles là-bas à cause de la guerre, a-t-il dit à l’Associated Press, en faisant référence au golfe Persique et aux eaux environnantes. Le détroit de Bab al-Mandab pourrait également poser des problèmes aux navires.»

Il a ajouté que cette instabilité risquait de compliquer davantage le transport maritime et les échanges commerciaux.