🌍 Conflit au Moyen-Orient

Les rêves brisés d’étudiants iraniens, confrontés aux sanctions américaines

«Tous mes projets sont en suspens désormais.»

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Un étudiant examine les dégâts causés à une mosquée située dans le complexe de l'Université technologique Sharif de Téhéran, qui, selon les autorités iraniennes, a été touchée tôt ce matin par une frappe américano-israélienne, à Téhéran, en Iran, le 6 avril 2026. Un étudiant examine les dégâts causés à une mosquée située dans le complexe de l'Université technologique Sharif de Téhéran, qui, selon les autorités iraniennes, a été touchée tôt ce matin par une frappe américano-israélienne, à Téhéran, en Iran, le 6 avril 2026. (Francisco Seco/AP)

Ce devait être la première étape vers une nouvelle vie : Iranienne, Nikki devait valider un test d’anglais pour entamer des études de psychologie dans une université européenne, mais l’examen prévu fin septembre a été suspendu à cause des nouvelles sanctions américaines.

Comme de nombreux étudiants iraniens qui rêvent d’un futur à l’étranger, Nikki cherche désormais désespérément un autre moyen de passer l’examen du TOEFL, réclamé par les universités anglophones pour les étrangers dont l’anglais n’est pas la langue maternelle.

«Quand j’ai appris que la session était annulée, je ne suis pas sortie de ma chambre tellement j’en pleurais. Tous mes projets sont en suspens désormais.»

—  Nikki Nikki, jeune femme de 32 ans qui travaille dans une pâtisserie à Lahijan, dans le nord de l’Iran

L’institution qui organise ces examens, ETS (Educational Testing Service), explique sur son site internet avoir été contrainte de suspendre les sessions en Iran car le Trésor américain a cessé de délivrer les licences nécessaires à leur tenue.

Les Iraniens peuvent encore passer les tests, précise le site, à condition de se rendre «dans d’autres pays».

Les examens alternatifs, notamment le Pearson Test of English ou l’examen en ligne Duolingo, de plus en plus populaire, ont également été suspendus en Iran, selon des médias iraniens.

Dépense inabordable

Mais s’inscrire à des sessions d’examen à l’étranger représente une dépense inabordable pour bon nombre d’Iraniens.

La population, qui subit depuis des décennies les conséquences des sanctions économiques internationales, a encore vu ses revenus chuter depuis le conflit déclenché fin février par l’offensive israélo-américaine sur Téhéran.

La monnaie iranienne a vu sa valeur chuter dramatiquement, à 1,6 million de rials pour 1 euro. L’inflation atteint 89% sur un an en août, soit un quasi-doublement des prix depuis l’été 2025, érodant encore davantage le pouvoir d’achat.

«Je cherche désormais à obtenir un prêt pour pouvoir m’inscrire à l’examen et aller le passer dans un pays voisin», explique Nikki, qui envisage de se rendre en Arménie.

Reprise des négociations entre l’Iran et les États-Unis, selon Trump Donald Trump a annoncé une reprise du dialogue avec l’Iran, démentie par Téhéran qui a assuré qu’il n’y avait pas de négociations en cours.

«Mais c’est l’argent que je devais dépenser pour des soins chez le dentiste que je vais consacrer à ce voyage».

Sur des applications de messagerie instantanée comme Telegram, des groupes se forment entre étudiants pour partager informations et bons plans pour trouver la manière la moins chère de passer le test.

Sur un groupe comptant plus de 24 000 membres, des usagers débattent des pour et contre de l’Arménie, l’Irak ou la Turquie, d’autres calculent précisément la dépense que représenterait chaque destination.

Aller en Turquie ? «C’est pour les riches qui peuvent se payer l’avion», tranche l’un d’eux.

«Profond désarroi»

Téhéran a condamné l’arrêt des examens, affirmant que Washington sanctionnait ainsi «tous les citoyens iraniens».

Le ministre iranien des Sciences, Hossein Simai Sarraf, a dénoncé une décision «digne de l’âge de pierre» — en écho aux propos du président américain Donald Trump qui avait promis au début du conflit de «ramener l’Iran à l’âge de pierre».

Pour Leila, qui avait été admise cet été dans un master en arts à Berlin, l’annonce de l’annulation des examens de langue est un vrai coup dur.

«Je n’ai pas la possibilité de passer cet examen à l’étranger. Financièrement, c’est trop cher pour moi», dit-elle, témoignant du «profond désarroi» des jeunes iraniens qui souhaiteraient, comme elle, étudier à l’étranger.

Elle avait déjà reporté d’un an son admission à l’université à cause du conflit, qui se poursuit malgré la conclusion d’un cessez-le-feu en avril.

Plongée dans l’incertitude, elle commence désormais «à échafauder des plans B et C», confie-t-elle. «Au final, je vais sans doute me retrouver à aller à la fac ici».