🌍 Conflit au Moyen-Orient

Les rebelles houthis pro-iraniens accusent Ryad de frappes aériennes au Yémen

Les Houthis ont précisé avoir abattu trois drones de reconnaissance du royaume voisin au cours des dernières 24 heures.

Mis à jour le 

Publié le 

Des partisans des Houthis font poser un jeune marié devant des affiches (à droite) représentant le défunt dirigeant du Hamas, Ismail Haniyeh, ainsi que ceux qu’ils qualifient de « martyrs » : Maher Al-Jazi, de Jordanie, et Mohammed Salah, d’Égypte, à Sanaa, au Yémen, dimanche 6 septembre 2026. Des partisans des Houthis font poser un jeune marié devant des affiches (à droite) représentant le défunt dirigeant du Hamas, Ismail Haniyeh, ainsi que ceux qu’ils qualifient de « martyrs » : Maher Al-Jazi, de Jordanie, et Mohammed Salah, d’Égypte, à Sanaa, au Yémen, dimanche 6 septembre 2026. (Osamah Abdulrahman/AP Photo/Osamah Abdulrahman)

Les Houthis pro-iraniens, qui ont mené ces derniers jours une offensive meurtrière au Yémen, ont accusé lundi l’Arabie saoudite d’avoir frappé différentes zones du pays, dans un conflit qui s’intensifie.

«L’ennemi saoudien a visé les provinces de Jawf (nord), d’al-Bayda et Marib (centre), et de Taëz (sud-ouest) à l’aide de plusieurs frappes aériennes et missiles de croisière», a affirmé l’agence de presse Saba, affiliée au mouvement rebelle.

Les Houthis ont précisé avoir abattu trois drones de reconnaissance du royaume voisin au cours des dernières 24 heures, selon un communiqué du porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree.

Des sources militaires au sein des forces gouvernementales ont confirmé à l’AFP ces attaques, qui n’ont à ce stade pas été revendiquées par Ryad, principal soutien du gouvernement yéménite reconnu internationalement.

Elles ont précisé que la plupart des frappes s’étaient concentrées sur al-Bayda et Marib, visant des positions, des rassemblements et des camps sous contrôle houthi.

Dans ce pays pauvre qui a replongé dans le conflit en juillet, sur fond d’embrasement régional, les rebelles ont lancé la semaine dernière une nouvelle offensive visant notamment à progresser vers les zones bordant le stratégique détroit de Bab el-Mandeb.

Ces affrontements avec les forces progouvernementales yéménites dans le sud-ouest du Yémen ont fait plus de 300 morts, jetant sur les routes de nombreuses familles, selon des sources au sein des deux camps interrogées par l’AFP.

L’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, a averti lundi que l’offensive houthie avait «déclenché des affrontements d’une intensité croissante, menaçant d’étendre davantage le conflit».

«Un retour à des combats soutenus et de grande ampleur aurait de graves conséquences pour les civils et rendrait encore plus compliquée la recherche d’une solution politique, déjà difficile», a-t-il déclaré, dans un communiqué.

Trump menace les Houthis et l’Iran d’une «punition militaire majeure» Voyez le récapitulatif au bulletin Noovo Info.

Bab el-Mandeb, qui permet de relier l’Asie à l’Europe via la mer Rouge et le canal de Suez, a gagné en importance depuis le début du conflit au Moyen-Orient et le verrouillage par l’Iran du détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule.

Le Yémen est le dernier pays en date à être entraîné dans le conflit régional déclenché par l’offensive américano-israélienne sur l’Iran fin février.

Le cessez-le-feu en vigueur depuis 2022 a volé en éclats en juillet, les Houthis défiant l’hégémonie de Ryad sur l’espace aérien yéménite.

Depuis les rebelles, soutenus de leur côté par la République islamique, multiplient les attaques contre des sites militaires et des zones contrôlées par le gouvernement.

Ils ont aussi annoncé un blocus maritime de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, et visé ses navires pétroliers et des infrastructures de son territoire, notamment une raffinerie.

La guerre au Yémen, débutée en 2014, a fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dans une grave crise humanitaire.