🌍 Conflit au Moyen-Orient

Les pays du BRICS expriment leur inquiétude concernant le Moyen-Orient

Les dirigeants ont également dénoncé les sanctions unilatérales non autorisées par le Conseil de sécurité de l’ONU.

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Le premier ministre indien Narendra Modi (à droite) s'est entretenu avec le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed Al Nahyane, en marge du sommet du groupe BRICS, à New Delhi, en Inde, le 12 septembre 2026. AP/photo fournie par le cabi... Le premier ministre indien Narendra Modi (à droite) s'est entretenu avec le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed Al Nahyane, en marge du sommet du groupe BRICS, à New Delhi, en Inde, le 12 septembre 2026. (Photo fournie par le cabinet du premier ministre indien via AP)

Le groupe des économies émergentes BRICS a exprimé samedi son inquiétude face à la montée des tensions au Moyen-Orient et a condamné le recours à des sanctions non autorisées par l’ONU alors que ses dirigeants se réunissaient à New Delhi pour renforcer leur position dans les affaires mondiales, considérées comme dominées par l’Occident.

La réunion, à laquelle participait le président iranien Masoud Pezeshkian, a fait part de ses inquiétudes face aux «attaques délibérées» contre des infrastructures civiles et des installations nucléaires pacifiques soumises aux garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), affirmant que la sûreté et la sécurité nucléaires devaient être préservées en cas de conflit armé. Cette déclaration a été perçue comme une critique indirecte des frappes américaines et israéliennes contre des installations nucléaires iraniennes.

Les dirigeants ont également dénoncé les sanctions unilatérales non autorisées par le Conseil de sécurité de l’ONU. Ils n’ont cité aucun pays en particulier, mais la Russie, l’un des membres fondateurs du BRICS, fait l’objet de sanctions occidentales depuis son invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022.

«Nous appelons à la suppression de ces mesures illégales, qui discréditent le droit international ainsi que les principes et les objectifs de la Charte des Nations unies», indique la déclaration commune.

Le groupe BRICS a été fondé en 2006 par le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, l’Afrique du Sud l’ayant rejoint en 2010. Il s’est depuis élargi à 11 membres, représentant environ la moitié de la population mondiale et une part significative de la production économique mondiale. Le groupe réclame de plus en plus une meilleure représentation des pays en développement au sein des institutions mondiales.

Il s’est efforcé de renforcer sa visibilité en promouvant des solutions de rechange aux institutions financières dominées par l’Occident et en s’établissant comme la voix des pays en développement et des économies émergentes.

L’Inde accueille le sommet de cette année, auquel participent le président russe Vladimir Poutine, le président chinois Xi Jinping, M. Pezeshkian et leurs homologues des huit autres membres du BRICS.

Dans son discours, le président de l’Inde, Narendra Modi, a cherché à apaiser les craintes selon lesquelles le BRICS aurait pour objectif de s’opposer aux alliances menées par l’Occident.

«Le BRICS n’est contre personne», a-t-il déclaré, ajoutant que le bloc avait atteint un moment décisif où les pays du Sud devaient devenir des «acteurs déterminants» dans la gouvernance mondiale.

«Il est temps pour nous de traduire notre unité et notre consensus au sein du BRICS en résultats concrets», a-t-il déclaré.

La Chine et la Russie considèrent les BRICS comme un moyen de réduire la domination occidentale, en particulier celle des États-Unis, tout en renforçant la coopération entre les économies en développement.

M. Poutine a appelé à l’élargissement du Conseil de sécurité de l’ONU afin d’accorder une plus grande représentation à l’Asie, à l’Afrique et à l’Amérique latine, affirmant que cela améliorerait l’efficacité de cet organe, a rapporté samedi l’agence de presse officielle russe Interfax.

S’exprimant lors du sommet, M. Poutine a déclaré que l’évolution vers un monde multipolaire se heurtait à la résistance de pays «habitués à penser en termes coloniaux», les accusant de recourir aux droits de douane, aux sanctions et à la «force brute» pour contenir des concurrents en pleine ascension.

Il a déclaré que ces tensions discréditaient le système international, mais a souligné que la Russie continuait de considérer la Charte des Nations unies comme le fondement du droit international.

L’Iran a également plaidé en faveur de mécanismes susceptibles de réduire la dépendance du bloc vis-à-vis des systèmes financiers occidentaux et de protéger ses membres contre les pressions économiques alors que Téhéran est confronté à des sanctions de grande ampleur et à un blocus américain.

«L’une des mesures les plus importantes consiste à généraliser l’utilisation des monnaies des pays dans les échanges commerciaux entre les membres», a déclaré M. Pezeshkian aux journalistes vendredi.

La Chine, quant à elle, tire parti de ce groupe pour renforcer son influence au sein du bloc et le positionner comme un contrepoids à la puissance américaine.

S’exprimant lors du sommet, M. Xi a déclaré que la Chine collaborerait avec les membres des BRICS pour jouer le «rôle qui lui revient» dans l’instauration de la paix au Moyen-Orient, selon la chaîne publique chinoise CCTV.

Les pays du BRICS devraient «servir de fer de lance pour le maintien de la paix et de la stabilité» et «s’opposer aux violations de la souveraineté d’autres pays», a déclaré Xi Jinping.