Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a indiqué mardi que les Palestiniens qui avaient été évacués l’année dernière d’un camp de réfugiés, en Cisjordanie occupée, ne seraient pas autorisés à retourner chez eux.
Cette déclaration survient après que la Cour suprême israélienne a demandé dans un arrêt dimanche à l’armée de s’organiser pour permettre le retour des habitants de Jénine, Nour Chams et Tulkarem, évacués lors d’opérations militaires menées en 2025.
Les juges ont également demandé à l’armée de présenter les mesures humanitaires qu’elle comptait prendre.
Dans une déclaration vidéo tournée à proximité du camp de réfugiés de Tulkarem, M. Netanyahou l’a qualifié de «bastion terroriste», saluant l’armée israélienne pour l’avoir «nettoyé, conformément à nos directives».
«J’ai entendu dire qu’il y avait quelqu’un à la Cour suprême qui affirme que les habitants devraient être ramenés ici. Ce ne sont pas des habitants, ce sont des terroristes», a ajouté le premier ministre. Il n’était pas clair s’il parlait aussi des deux autres camps.
Au cours de l’opération Mur de fer qui a débuté en janvier 2025, des dizaines de milliers de Palestiniens ont été évacués des trois camps de réfugiés, situés dans le nord de la Cisjordanie, après le lancement par l’armée israélienne d’opérations qu’elle a présentées comme visant à démanteler les infrastructures des groupes armés dans ces zones.
Dans le cadre de l’opération, de nombreuses maisons ont été détruites. Les personnes déplacées n’ont, pour l’essentiel, pas pu regagner leurs domiciles et doivent se contenter d’hébergements provisoires en Cisjordanie.
Hila Sharon, représentante de l’Association pour les droits civils qui s’est pourvue devant la Cour suprême, a estimé que «le déplacement prolongé des habitants, qui s’accompagne d’une grave atteinte à leurs droits humains fondamentaux à la dignité et à une existence digne, ne peut pas se poursuivre indéfiniment».
«Les considérations de sécurité n’exemptent pas l’État de son devoir de garantir leurs droits», a-t-elle ajouté.
Les camps de réfugiés palestiniens en Cisjordanie ont été créés après la Première Guerre israélo-arabe pour accueillir une partie des quelque 750 000 Arabes de Palestine qui ont fui ou ont été chassés de ce qui est aujourd’hui Israël à l’époque de sa création en 1948.
Avec le temps, ces camps sont devenus des quartiers denses et autonomes.
Deux Palestiniens blessés par balle par l’armée israélienne
Deux Palestiniens, dont un adolescent, ont été blessés mardi par des tirs de l’armée israélienne lors d’un raid dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie occupée, a indiqué le ministère palestinien de la Santé.
Un hôpital de la ville a reçu «un jeune homme grièvement blessé par balle au bas du dos et un adolescent de 14 ans touché à la cuisse par une balle réelle (…), résultat d’un assaut à Ramallah», a indiqué le ministère.
L’armée israélienne menait dans cette ville une descente dans les anciens locaux d’Addameer, une organisation de défense des prisonniers détenus par Israël et l’Autorité palestinienne.
Elle y a saisi des documents et du mobilier, selon des journalistes de l’AFP qui ont filmé la scène.
Israël avait fait fermer les bureaux de cette organisation en août 2022, en même temps que ceux de six autres ONG et groupes, qualifiés d’«organisations terroristes».
L’armée a également apposé à nouveau l’ordre de fermeture sur la porte d’entrée des locaux.
Lors des quatre heures d’opération dans le quartier, les forces israéliennes, qui n’ont pas répondu à la demande de commentaire de l’AFP, ont tiré des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes vers un groupe de reporters, en blessant quatre, selon des journalistes de l’AFP et des témoins.
Des élections législatives se tiennent le 27 octobre en Israël au cours desquelles M. Netanyahou, à la tête d’un des gouvernements les plus à droite de l’histoire du pays, joue sa survie politique.
Depuis le début de son dernier mandat, le premier ministre a accéléré la politique de colonisation en Cisjordanie.
