Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, a estimé mardi que les négociations directes entre le Liban et Israël n’apporteraient «que honte», accusant le pouvoir de soutenir Israël, des propos dénoncés par le premier ministre libanais.
Le Liban a entamé mardi à Rome une nouvelle session de pourparlers avec Israël sous parrainage américain, et cherche à obtenir un retrait des forces israéliennes du sud du pays.
Dans une adresse télévisée diffusée lors d’une cérémonie religieuse de son parti, Naïm Kassem a estimé que ces négociations n’apporteraient que «honte, humiliation et concessions successives» au Liban.
Il a estimé que le président libanais Joseph Aoun «n’avait pas agi en tant qu’arbitre, ni comme fédérateur mais était devenu partial».
Naïm Kassem a accusé le pouvoir politique d’avoir été «un soutien pour Israël plutôt que pour la souveraineté du Liban», en s’engageant dans les négociations.
«La vérité», a ensuite réagi le premier ministre libanais Nawaf Salam, «est que le plus grand soutien à Israël a été apporté par celui qui a décidé unilatéralement d’entraîner le Liban dans des aventures de guerres de soutien absurdes, lui offrant les prétextes pour agresser notre pays», en référence au Hezbollah.
«Celui qui s’est arrogé le droit de décider de la guerre et tente de continuer à confisquer le pouvoir de décision de l’État, (…) n’a pas la légitimité» de s’exprimer en termes de souveraineté et de patriotisme, a ajouté Nawaf Salam.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit régional en tirant des roquettes sur Israël, le 2 mars, en soutien à Téhéran, déclenchant d’importantes frappes aériennes israéliennes et une offensive terrestre.
Un accord-cadre signé fin juin par les deux pays, lors d’une sixième session de négociations, prévoit le déploiement de l’armée libanaise dans des «zones pilotes» évacuées par Israël — qui occupe toujours une partie du sud du pays — sous réserve d’un désarmement du Hezbollah pro-iranien.
Le Hezbollah rejette cet accord et refuse de déposer les armes, tandis qu’aucun calendrier n’a été fixé pour le retrait complet d’Israël.
Si les violences ont diminué depuis juin, Beyrouth continue de signaler des frappes israéliennes meurtrières et dénonce des dynamitages dans le sud du pays.
