Les Houthis du Yémen ont affirmé mercredi avoir visé une position saoudienne à Aden, située aux abords de l’aéroport, troisième attaque en une semaine sur la ville abritant le siège du gouvernement soutenu par Riyad.
«Nos forces armées ont frappé la salle des opérations liée à l’ennemi saoudien dans le camp de Badr à Aden, à l’aide d’un missile balistique», a écrit sur X le porte-parole du mouvement pro-iranien, Yahya Saree.
Peu de temps avant, une explosion avait été entendue près de l’aéroport d’Aden, un journaliste de l’AFP apercevant de la fumée se dégager au-dessus du site. «L’explosion a été provoquée par un missile tiré par les Houthis», avait indiqué une source policière à l’AFP.
Selon deux autres sources de sécurité à Aden, la frappe visait un site appartenant aux forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite.
Les Houthis ont également visé, au moyen de missiles et de drones, une base militaire à l’aéroport d’Al Mukalla, une ville du sud du Yémen contrôlée par le gouvernement, selon deux responsables militaires.
Le royaume et le gouvernement yéménite internationalement reconnu sont la cible d’attaques soutenues de la part des Houthis depuis plusieurs semaines.
Jeudi dernier, les combattants pro-iraniens avaient lancé cinq missiles contre le palais présidentiel, où siège le gouvernement depuis 2015 après qu’il a été chassé de la capitale Sanaa. L’attaque avait fait cinq morts et 16 blessés.
Et le lendemain, deux missiles étaient tombés près de l’aéroport d’Aden, les Houthis affirmant viser un centre de commandement saoudien.
Les attaques houthies ont atteint une intensité inédite, en particulier contre l’Arabie saoudite, où infrastructures pétrolières et aéroportuaires sont frappées quasi-quotidiennement.
L’aéroport de Riyad est fermé depuis une frappe qui a fait le 10 octobre 13 morts et des centaines de blessés, le bilan le plus lourd depuis plus d’une décennie sur le sol saoudien.
Le conflit s’est réveillé en juillet après plusieurs années d’accalmie, dans le sillage du conflit régional déclenché fin février par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran.
En septembre, les Houthis ont conquis le littoral yéménite de la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, stratégique pour l’accès au canal de Suez.
