🌍 Conflit au Moyen-Orient

Les Houthis prennent le contrôle d’une ville stratégique sur la mer Rouge

Cette avancée des rebelles intervient dans un contexte de reprise depuis juillet du conflit au Yémen sur fond de conflit au Moyen-Orient.

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Les rebelles houthis du Yémen défilent lors d'une campagne de mobilisation à Sanaa, au Yémen, le jeudi 10 septembre 2026. Une pancarte en arabe porte l'inscription « Boycottez les produits américains et israéliens ». Les rebelles houthis du Yémen défilent lors d'une campagne de mobilisation à Sanaa, au Yémen, le jeudi 10 septembre 2026. Une pancarte en arabe porte l'inscription « Boycottez les produits américains et israéliens ». (STR/AP Photo/STR)

Les Houthis du Yémen, des combattants antigouvernementaux soutenus par l’Iran, ont pris jeudi le contrôle de la ville de Mokha sur la mer Rouge, une percée notable dans leur progression vers le stratégique détroit de Bab el-Mandeb.

Cette avancée intervient dans le cadre de la reprise en juillet du conflit au Yémen, déclenché en 2014 mais contenu par une trêve depuis 2022, et sur fond de conflit au Moyen-Orient.

«Les Houthis progressent vers le détroit de Bab el-Mandeb après avoir pris le contrôle de Mokha», a affirmé à l’AFP une source militaire au sein des forces gouvernementales.

Des témoins ont dit avoir vu des combattants houthis entrer dans cette ville portuaire située à 70 kilomètres au nord du détroit, en «scandant “mort à l’Amérique, mort à Israël”».

Selon la même source militaire, ils se sont également emparés de l’île de Zuqar, dans le sud de la mer Rouge, «après des attaques de roquettes et un assaut terrestre mené à l’aide d’embarcations transportant des combattants».

Ambiance «apocalyptique»

Dans un communiqué, Tarek Saleh, le commandant des Forces de résistance nationale qui contrôlaient la ville de Mokha et combattent au sein des forces gouvernementales, a dit avoir déplacé son centre de commandement «dans un lieu sûr».

Les forces gouvernementales ont payé «un lourd tribut ces derniers jours», a-t-il concédé, parlant d’une offensive houthie «planifiée et soutenue par l’Iran».

Les Houthis contrôlaient jusque-là une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa, ainsi que la grande ville portuaire de Hodeïda, à quelque 200 km au nord de Mokha. Mais il ne tenaient pas de secteurs donnant directement sur Bab el-Mandeb.

Les rebelles houthis du Yémen se rassemblent lors d'une campagne de mobilisation à Sanaa, au Yémen, le jeudi 10 septembre 2026. Les rebelles houthis du Yémen se rassemblent lors d'une campagne de mobilisation à Sanaa, au Yémen, le jeudi 10 septembre 2026. (STR/AP Photo/STR)

Ce passage reliant l’Asie à l’Europe via la mer Rouge et le canal de Suez a gagné en importance depuis le début du conflit au Moyen-Orient avec le verrouillage par l’Iran du détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule.

Les rebelles ont déjà perturbé dans le passé le trafic en mer Rouge mais le contrôle des zones côtières tout près du détroit pourrait leur donner une plus grande marge de manœuvre, et leur permettrait de «renforcer leur pression maritime», souligne Andreas Krieg, du King’s College de Londres.

L’avancée des Houthis à Mokha ainsi que dans les secteurs avoisinants d’al-Khokha, sur la côte, et de Hays, dans les terres, a poussé de nombreuses personnes à fuir vers Aden, la grande ville du sud contrôlée par le gouvernement.

Parti en pleine nuit de Mokha, Mohamed, 46 ans, décrit à l’AFP une ambiance «apocalyptique» dans ce port.

Mujahid Tahami, qui a également pris la route pour Aden, a affirmé que certaines familles avaient été «pillées par des bandes alors qu’elles tentaient de fuir».

Les affrontements au Yémen depuis la semaine dernière ont fait des centaines de morts dans les deux camps, principalement des combattants, et jeté sur les routes près de 20 000 personnes, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Les Houthis ont également lancé une vaste attaque cette semaine contre l’Arabie saoudite, qu’ils accusent d’avoir mené, en représailles, de nombreuses frappes aériennes au Yémen.

Nouvelles frappes en Arabie saoudite

Une quarantaine de raids ont visé ces dernières heures des positions des Houthis dans les gouvernorats de Taëz, de Hodeida, d’Al-Jawf et de Marib, selon les médias houthis.

Mercredi, ces combattants ont à nouveau tiré plusieurs missiles balistiques et drones vers les villes du sud de l’Arabie saoudite, selon Ryad.

Dans la nuit, la défense civile saoudienne a émis de nouvelles alertes mettant en garde contre un «danger potentiel» dans les régions de Khamis Mushait et Abha.

Trump menace les Houthis et l’Iran d’une «punition militaire majeure» Voyez le récapitulatif au bulletin Noovo Info.

Le Yémen a replongé dans la guerre en juillet, après des années d’accalmie, entraîné dans le conflit régional déclenché par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran fin février.

Les hostilités ont repris lorsque les Houthis ont défié le contrôle de Ryad sur l’espace aérien yéménite en autorisant un avion iranien à atterrir au Yémen.

Le gouvernement reconnu par la communauté internationale avait riposté en frappant l’aéroport, une attaque que les rebelles imputent à son allié saoudien.

Les rebelles ont également annoncé un blocus maritime de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, et visé ses navires pétroliers ainsi que des infrastructures sur son territoire, notamment une raffinerie.