Les forces américaines ont frappé des lance-roquettes iraniens dans le détroit d’Ormuz, lors de la première opération militaire menée depuis un mois, a déclaré dimanche un responsable américain, mettant ainsi fin à une accalmie dans cette guerre intermittente qui dure depuis plus de six mois.
Des médias semi-officiels iraniens ont fait état de bruits d’explosions près de l’île de Larak, dans le détroit.
Des forces du Corps des Gardiens de la révolution ont été observées en train de se préparer à lancer des roquettes équipées de mines marines dans le détroit, selon ce responsable, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat afin de pouvoir détailler des mouvements militaires sensibles.
L’armée américaine a achevé la semaine dernière le déminage des voies de navigation internationales du détroit.
Dans un communiqué relayé par la chaîne de télévision d’État iranienne, le Corps des Gardiens de la révolution a fait état «du martyre et des blessures subies par plusieurs de nos combattants et compatriotes».
Le communiqué précise que cette attaque «entraînera la punition de l’agresseur».
Ces tirs surviennent quelques jours seulement après que l’administration Trump eut annoncé qu’elle allait désormais privilégier le renforcement de la pression économique — plutôt que l’action militaire — pour tenter de mettre fin à son conflit avec l’Iran. Cette nouvelle stratégie repose sur des menaces de sanctions à l’encontre de tout pays ou entité qui continuerait à entretenir des relations commerciales avec Téhéran.
Ce recours aux sanctions comme arme de prédilection intervient alors que l’armée américaine fait face à une diminution de ses stocks de munitions après des mois de guerre, ce qui suscite des inquiétudes quant au fait que la prolongation du conflit pourrait discréditer la préparation militaire des États-Unis dans d’autres régions du globe.
Alors que le conflit s’éternise, les déclarations du président Trump sur la recherche d’une issue rapide à la guerre semblent également s’estomper. Il a affirmé récemment qu’il n’était «pas pressé» de ramener l’Iran à la table des négociations, et il continue de répéter que les dirigeants de la République islamique sont acculés.
Il n’a cessé de souligner que la campagne menée par les États-Unis et Israël a eu des effets dévastateurs sur la marine et l’armée de l’air iraniennes. Les responsables iraniens ont déclaré que le pays avait subi 270 milliards $ de dommages directs et indirects.
Les frappes militaires israéliennes au cours des premières semaines de la guerre ont anéanti une grande partie de la structure dirigeante du gouvernement théocratique.
Mais l’Iran a trouvé un moyen de pression grâce à ses propres frappes dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique où relativement peu de navires transportant du pétrole et du gaz naturel liquéfié osent s’aventurer.
L’Iran dispose encore de suffisamment de drones et de missiles pour tirer sur les navires transitant par cette voie navigable vitale pour l’approvisionnement énergétique, par laquelle transite normalement 20 % du pétrole mondial, contrôlant ainsi efficacement une grande partie du trafic dans le détroit.
M. Trump a déclaré à plusieurs reprises que «le détroit d’Ormuz est ouvert», affirmant que 24 navires l’avaient traversé la semaine dernière. Cela ne représente cependant qu’une fraction des quelque 130 navires qui empruntaient quotidiennement cette voie navigable vitale avant le début de la guerre.
Plus tôt dimanche, une coalition multinationale chapeautée par la marine américaine a indiqué que le trafic commercial dans le détroit restait à des «niveaux réduits».
Par ailleurs, une agence de surveillance gérée par l’armée britannique a également indiqué qu’un projectile non identifié a touché samedi un pétrolier au nord de Khasab, à Oman, dans le détroit d’Ormuz.
L’Organisation britannique du commerce maritime (UKMTO) a précisé que le navire faisait route vers le port et qu’aucune victime ni aucun impact environnemental n’avaient été signalés. Elle a cité des sources militaires non précisées.
La responsabilité de cette attaque n’a toujours pas été revendiquée.
