Conflit au Moyen-Orient

Les États-Unis ont subi une «défaite honteuse», selon le guide suprême iranien

«Un nouveau chapitre s’ouvre pour le Golfe et le détroit d’Ormuz.»

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Des jeunes filles chantent tout en mimant le mouvement de missiles avec leurs mains, à côté des portraits du défunt fondateur de la révolution iranienne, l'ayatollah Khomeini (à gauche), du défunt Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei (au centre), et du Guide suprême, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, lors d'un rassemblement organisé par l'État pour célébrer l'anniversaire de l'imam Reza, le 8e imam des musulmans chiites, et pour manifester leur soutien au Guide suprême, à Téhéran, en Iran, mercredi 29 avril 2026. Des jeunes filles chantent tout en mimant le mouvement de missiles avec leurs mains, à côté des portraits du défunt fondateur de la révolution iranienne, l'ayatollah Khomeini (à gauche), du défunt Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei (au centre), et du Guide suprême, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, lors d'un rassemblement organisé par l'État pour célébrer l'anniversaire de l'imam Reza, le 8e imam des musulmans chiites, et pour manifester leur soutien au Guide suprême, à Téhéran, en Iran, mercredi 29 avril 2026. (Vahid Salemi)

Les États-Unis ont subi une «défaite honteuse», a estimé le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, dans un message écrit jeudi, défiant ainsi les menaces de Donald Trump de prolonger le blocus des ports iraniens.

«Aujourd’hui, deux mois après le plus grand déploiement militaire et l’agression menés par les tyrans de ce monde dans la région, et après la défaite honteuse des États-Unis, un nouveau chapitre s’ouvre pour le Golfe et le détroit d’Ormuz», a déclaré le guide selon ce message relayé par la télévision d’État.

Blessé dans des frappes, il n’a pas été vu en public depuis sa nomination le 9 mars.

Mojtaba Khamenei a accédé au titre de guide suprême après l’offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l’Iran, qui ont tué son père et prédécesseur Ali Khamenei et déclenché le conflit.

La semaine dernière, le New York Times, citant plusieurs responsables iraniens non identifiés, a indiqué qu’il avait été «gravement blessé» lors des frappes mais était resté «mentalement alerte».

Dans son message de jeudi, le guide iranien a affirmé que les bases américaines dans la région «ne disposaient même pas de la capacité d’assurer leur propre sécurité, encore moins d’offrir le moindre espoir de sécurité à leurs alliés».

Pete Hegseth devant le Congrès pour la première fois depuis le début du conflit en Iran Des démocrates sceptiques ont interpellé mercredi le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, pour la première fois depuis que l’administration Trump est entrée en guerre contre l’Iran, donnant lieu à des échanges tendus au sujet d’un conflit coûteux aux objectifs flous, qui a été mené sans l’accord du Congrès.

Il a également salué un «nouveau cadre juridique et de gestion» du stratégique détroit d’Ormuz comme moyen d’apporter «confort et progrès» aux pays de la région.

Ce détroit est devenu un point de tension majeur, l’Iran n’autorisant qu’un nombre limité de navires à franchir cette voie maritime, par laquelle transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

La semaine dernière, un haut responsable parlementaire avait affirmé que Téhéran avait perçu les premières recettes issues des droits de passage qu’il a imposés dans le détroit.

Mais son verrouillage par l’Iran et le blocus des ports américains imposé en représailles par les États-Unis pèsent sur l’économie mondiale. Et l’Iran, déjà en difficultés avant le conflit, n’est pas épargné, la monnaie iranienne ayant atteit mercredi un plus bas face au dollar depuis l’avènement de la République islamique en 1979.

Alors qu’un haut responsable de la Maison-Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus «pendant plusieurs mois», le président iranien, Massoud Pezeshkian, a estimé jeudi que ce blocus des ports de son pays était «voué à l’échec» et ne ferait qu’aggraver les perturbations dans le Golfe.