Les drones qui ont pris pour cible la centrale nucléaire de Barakah aux Émirats arabes unis provenaient tous d’Irak, a affirmé mardi le ministère emirati de la Défense, ce qui laisse supposer que ce sont des milices chiites soutenues par l’Iran qui ont lancé l’attaque.
Ces milices ont lancé des attaques répétées à l’aide de drones contre les États arabes du Golfe après qu’Israël et les États-Unis ont déclaré la guerre à l’Iran le 28 février dernier. Par le passé, ces groupes ont permis à l’Iran de se dédouaner de la responsabilité de telles attaques.
Aucun blessé ni aucune fuite radioactive n’ont été signalés à Barakah après l’attaque, qui, selon les responsables émiratis, a touché un générateur situé dans le périmètre du site.
Les Émirats arabes unis, qui ont accueilli des défenses aériennes et du personnel israéliens, ont récemment accusé l’Iran de lancer des attaques de drones et de missiles même après le cessez-le-feu. Les tensions se sont accrues autour du détroit d’Ormuz, une voie navigable vitale pour l’approvisionnement énergétique contrôlée par l’Iran, qui est soumis à un blocus naval américain.
Aucun groupe n’a revendiqué la responsabilité de l’attaque, bien que l’Iran et ses alliés aient été soupçonnés.
Sans aborder le rapport du ministère de la Défense émirati, le porte-parole du gouvernement irakien, Bassem al-Awadi», a publié une déclaration indiquant que Bagdad «exprime sa ferme condamnation des récentes attaques de drones visant les Émirats arabes unis».
«Nous soulignons également l’importance d’une coopération régionale et internationale efficace pour prévenir toute escalade ou atteinte à la stabilité de la région, ou toute atteinte à la sécurité et à la souveraineté des pays sœurs et amies», a ajouté M. al-Awadi.
Le ministère de la Défense a noté que trois autres drones ont visé le pays au cours des deux derniers jours, sans donner plus de détails sur leurs cibles.
La centrale nucléaire de Barakah, d’un coût de 20 milliards $ US, a été construite par les Émirats arabes unis avec l’aide de la Corée du Sud et est entrée en service en 2020. Il s’agit de la seule centrale nucléaire du monde arabe et elle peut couvrir un quart des besoins énergétiques des Émirats arabes unis, une fédération de sept émirats dont fait partie Dubaï.
Plus tôt mardi, un éminent diplomate émirati a critiqué de manière voilée les pays de la région au sujet des attaques subies par le pays.
«La confusion des rôles lors de cette perfide agression iranienne est déconcertante et touche les États voisins de la région du Golfe arabe, a écrit Anwer Gargash sur X. Le rôle de la victime s’est confondu avec celui du médiateur, et vice versa, tandis que l’ami s’est transformé en médiateur au lieu d’être un allié et un soutien indéfectible.»
