🌍 Conflit au Moyen-Orient

Les Émirats arabes unis signalent un déversement de pétrole au large de ses côtes

Les plages de l’émirat ont été fermées en attendant le résultat des «inspections côtières».

Publié le 

Un cargo navigue dans le golfe Persique en direction du détroit d'Ormuz, vu depuis Dubaï, aux Émirats arabes unis, ce mercredi 21 octobre 2026. Un cargo navigue dans le golfe Persique en direction du détroit d'Ormuz, vu depuis Dubaï, aux Émirats arabes unis, ce mercredi 21 octobre 2026. (Altaf Qadri/AP Photo/Altaf Qadri)

Les Émirats arabes unis ont fait état vendredi d’un déversement d’hydrocarbures près de leur littoral, au large duquel un pétrolier avait été attaqué il y a deux semaines, faisant peser un risque de marée noire, selon un expert.

De nombreuses attaques de navires ont été signalées ces derniers jours dans les eaux du Golfe, près du détroit d’Ormuz, au cœur du conflit déclenché fin février par des frappes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.

Téhéran revendique le contrôle de ce passage maritime et cible régulièrement les bateaux qui y transitent sans son autorisation.

Les autorités ont «détecté une fuite d’un pétrolier affectant les plages d’Oum Al Qouwaïn», un émirat au nord de Dubaï, et mènent des opérations de «nettoyage et de dépollution (…) pour limiter les impacts environnementaux», a indiqué le ministère du Changement climatique et de l’Environnement.

Les plages de l’émirat ont été fermées en attendant le résultat des «inspections côtières», a-t-il ajouté dans un communiqué, sans nommer le navire ni préciser l’étendue de la fuite.

L’accès à la zone a été bouclée par les forces de police, ont constaté des journalistes de l’AFP qui se sont rendus sur place.

L’ONG néerlandaise PAX a dit à l’AFP avoir obtenu des images satellites datant du 19 octobre, montrant une nappe d’hydrocarbures autour d’un navire situé à environ 20 kilomètres au large de l’émirat.

Des images radar du 21 octobre ont également révélé une nappe «d’environ 40 km de long et d’une superficie de 190 km²», dont l’extrémité se trouve à seulement six km de la côte, selon la même source.

Un pétrolier battant pavillon panaméen, le GEM NO.2, avait été touché le 9 octobre dans le secteur par un projectile, provoquant un incendie maitrisé par la suite, selon des agences de sécurité maritime.

Propriété de l’entreprise taiwanaise Global Energy Maritime, ce navire avait chargé 2 millions de barils de pétrole début mars depuis un port saoudien. Depuis, il faisait régulièrement des transferts de cargaisons avec d’autres navires le long des côtes émiraties et omanaises près du Détroit d’Ormuz, d’après les données de suivi maritime de la société Kpler.

Les images ne permettent pas d’affirmer s’il s’agit de «pétrole brut épais ou d’une fine nappe d’hydrocarbures légers», a indiqué Wim Zwijnenburg, enquêteur indépendant auprès de PAX.

«S’il s’agit de pétrole brut, cela représente un risque grave de pollution, car celui-ci finira par s’échouer sur les plages et affectera les écosystèmes marins», a-t-il expliqué.

En revanche, des hydrocarbures légers et principalement dilués pourraient «s’évaporer rapidement» et ne présenter «que des risques à court terme», a ajouté l’expert.

Odeurs d’essence

De nombreux résidents du nord des Émirats avaient signalé sur les réseaux sociaux ces derniers jours des odeurs d’essence, y compris dans les quartiers nord de Dubaï, la ville la plus peuplée du pays.

«L’odeur ces deux derniers jours, c’était comme si dix stations-service avaient lâché leur carburant», a témoigné une résidente de Sharjah auprès de l’AFP, sous couvert d’anonymat.

Au début, «j’ai paniqué, je pensais qu’il y avait une fuite chez moi et que j’allais faire exploser tout le monde», a-t-elle ajouté.

Reprise des négociations entre l’Iran et les États-Unis, selon Trump Donald Trump a annoncé une reprise du dialogue avec l’Iran, démentie par Téhéran qui a assuré qu’il n’y avait pas de négociations en cours.

Le ministère a affirmé dans son communiqué que les odeurs «ne présentaient aucun risque pour la santé des résidents».

Au delà des efforts menés pour endiguer le déversement pétrolier, les autorités émiraties doivent «surveiller et évaluer son impact environnemental pour protéger les écosystèmes marins et les communautés qui en dépendent», a réagi Inesaf Benzaki, responsable des campagnes chez Greenpeace MENA, auprès de l’AFP.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures mondiales avant le conflit, est au cœur du conflit régional.

En retour aux mesures de Téhéran, Washington impose un blocus des ports iraniens, et escorte les pétroliers qui veulent sortir du Golfe.