Malgré ses vues sur la Maison Blanche et l’élection présidentielle de 2028, JD Vance, le vice-président américain, est resté silencieux sur la guerre en Iran.
Cet ancien Marine, qui a servi en Irak, s’est forgé une image de non-interventionniste souhaitant éviter une énième guerre de longue durée à l’Amérique.
Mais le vice-président se retrouve aujourd’hui pris entre deux feux: d’un côté, sa loyauté envers Donald Trump, engagé dans une guerre contre l’Iran, et de l’autre, les partisans Maga sceptiques face au conflit, dont il aura besoin pour remporter l’investiture républicaine dans deux ans.
Le président américain lui-même a reconnu leur désaccord sur «l’opération Fureur épique».
«Il était, je dirais, philosophiquement un petit peu différent de moi», a dit Donald Trump lundi, à propos de JD Vance. «Je pense qu’il était moins enthousiaste dans l’idée - mais il était quand même enthousiaste», a-t-il ajouté.
Même s’il a publiquement soutenu l’opération et le président, JD Vance n’a donné qu’une interview à la télévision depuis le début du conflit, assurant qu’il ne s’agissait pas d’une autre «guerre éternelle» menée par les États-Unis.
Selon le New York Times, le vice-président aurait insisté pour que les frappes contre l’Iran soient menées rapidement, une fois la décision prise par Donald Trump d’attaquer.
«Position très inconfortable»
La nuit où la guerre a commencé, JD Vance se trouvait dans la «situation room» de la Maison Blanche, selon une photo publiée par son équipe, mais le président, Marco Rubio et d’autres membres clés du gouvernement étaient réunis dans la résidence de Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride.
Il n’a pas commenté le rapatriement des militaires américains tués en Iran, et n’a fait qu’une brève allusion au «conflit» lors d’un événement politique sans rapport avec le sujet cette semaine.
Lui qui est d’habitude très bavard sur les réseaux sociaux, est resté pratiquement inactif ces derniers temps.
«La guerre l’a placé dans une position très inconfortable, tant sur le plan idéologique que politique», selon Matt Dallek, professeur de science politique à l’université George Washington.
«Peut-être plus encore que pour Trump, JD Vance est arrivé au pouvoir grâce à ses positions anti-interventionnistes», ajoute-t-il.
Son équipe n’a pas répondu aux multiples demandes de l’AFP.
Mais son porte-parole William Martin a déclaré sur X en début de semaine que les affirmations selon lesquelles il faisait profil bas étaient «ridicules», soulignant que le vice-président était passé à la télévision aux heures de grande écoute après le début de l’opération.
Or il s’est montré beaucoup plus virulent au cours des dernières années.
JD Vance était sénateur de l’Ohio lorsqu’il a publié en 2023 une tribune dans le Wall Street Journal intitulée : «La meilleure politique étrangère de Trump? Ne déclencher aucune guerre».
Lors des élections de 2024, candidat à la vice-présidence aux côtés du milliardaire, il avait déclaré: «Je pense sincèrement que notre intérêt est de ne pas entrer en guerre avec l’Iran».
Une fois en fonction, JD Vance a également joué le rôle de chien de garde du président en matière de politique étrangère.
Farouchement opposé au soutien américain à l’Ukraine en guerre avec la Russie, il avait confronté et humilié le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale l’année dernière.
JD Vance a, toutefois, toujours été un caméléon.
Dans la course à l’élection présidentielle de 2016, il avait comparé le président républicain à ... Adolf Hitler.
Vance VS Rubio ?
Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, pourrait aussi être un candidat potentiel à l’élection présidentielle de 2028.
Mais aucun des deux hommes ne s’est officiellement déclaré, et Marco Rubio a affirmé qu’il ne se présenterait pas contre celui qui est devenu l’un de ses plus proches amis au sein de l’administration.
Quant à Donald Trump, il n’a pas encore annoncé qui il choisira comme successeur.
Fervent partisan d’une politique étrangère agressive depuis longtemps, Marco Rubio, 54 ans, a été très impliqué dans la planification de l’opération contre l’Iran et a reçu à plusieurs reprises les éloges de Donald Trump ces derniers mois.
Mais «quoi que Vance dise ou fasse, il lui sera très difficile de se distancier de Trump», tout comme Marco Rubio, analyse Matt Dellek.
