Conflit au Moyen-Orient

Les É.-U. veulent que l'Iran déclare publiquement que le détroit d'Ormuz est ouvert

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Un homme brandit un drapeau iranien lors des cérémonies funéraires organisées en l'honneur de l'ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême iranien assassiné, et des membres de sa famille, à la Grande Mosquée Imam Khomeini (Mosalla) de Téhéran, en Iran,... Un homme brandit un drapeau iranien lors des cérémonies funéraires organisées en l'honneur de l'ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême iranien assassiné, et des membres de sa famille, à la Grande Mosquée Imam Khomeini (Mosalla) de Téhéran, en Iran, le dimanche 5 juillet 2026. Photo AP (Altaf Qadri)

Les États-Unis exigent que l’Iran fasse une déclaration publique affirmant que le détroit d’Ormuz est ouvert et que les navires traversant ce corridor stratégique ne seront plus attaqués, ont indiqué vendredi de hauts responsables américains.

Ils ont ajouté que les luttes de pouvoir internes à Téhéran avaient rendu difficiles la conclusion et le maintien d’un accord.

Ces responsables américains, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat pour décrire aux journalistes l’état d’avancement des négociations avec l’Iran, ont déclaré que la reprise des frappes cette semaine faisait suite à ce qu’ils ont qualifié de tentative de sabotage du cessez-le-feu entre Téhéran et Washington par une faction rebelle d’extrémistes iraniens.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump a réaffirmé vendredi sur les réseaux sociaux qu’il considérait l’accord de cessez-le-feu provisoire comme «terminé».

Il a toutefois précisé que les États-Unis poursuivraient les pourparlers visant à mettre définitivement fin à la guerre.

Ces responsables ont mentionné vendredi que Donald Trump accordait aux négociateurs américains un délai limité pour parvenir à un accord avec l’Iran, mais, signe des défis à venir, ils ont souligné que le président disposait d’un large éventail d’options si les pourparlers échouaient.

Ils ont également indiqué qu’une lutte de pouvoir se jouait en temps réel en Iran après que les frappes américaines et israéliennes, au début de la guerre, eurent tué son dirigeant de longue date, l’ayatollah Ali Khamenei.

L’Iran veut contrôler «exclusivement» le détroit

Les États-Unis s’efforcent de faire pression sur l’Iran pour qu’il fasse une déclaration publique affirmant que le détroit d’Ormuz, voie navigable vitale pour les marchés énergétiques mondiaux, est ouvert et libre de tout obstacle au passage des navires, selon ces responsables.

Mais quelques instants avant que les responsables américains ne s’expriment, le diplomate de Téhéran auprès des Nations unies a précisé aux journalistes que toute activité dans le détroit d’Ormuz, y compris son ouverture ou les opérations de déminage, «relève exclusivement de la compétence de l’Iran».

«Toute tentative, de la part d’acteurs extérieurs, d’interférer ou d’établir un rapport de force constituerait une violation de l’accord (provisoire), discréditerait sa mise en œuvre, retarderait le rétablissement d’une navigation commerciale normale, mettrait en péril la sécurité maritime et exacerberait les tensions régionales», a souligné l’ambassadeur Amir Saeid Iravani devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

L’Iran a affirmé que le détroit devait désormais être sous son contrôle exclusif et que les navires devaient commencer à s’acquitter de redevances auprès de Téhéran, même si, depuis des décennies, la communauté internationale le considère comme une voie navigable internationale.

Environ un cinquième de l’ensemble du pétrole et du gaz naturel commercialisés transitait par ce détroit avant le début de la guerre.

La mainmise de l’Iran sur le détroit pendant le conflit a entraîné une crise énergétique mondiale, même si les prix du pétrole ont fortement chuté depuis les sommets atteints en temps de guerre, à 120 $ US le baril.

La question du nucléaire

Des responsables américains ont déclaré vendredi aux journalistes que tout accord sur le programme nucléaire iranien exigerait de Téhéran qu’il remette ses stocks d’uranium hautement enrichi.

Si les États-Unis ne parviennent pas à conclure un accord avec l’Iran pour la remise de ses matières nucléaires, ils disposent d’options militaires pour s’assurer que celles-ci restent enfouies sous terre à jamais, ont indiqué ces responsables. Ils n’ont pas donné de détails sur ces options.

Les matières hautement enrichies, qui pourraient potentiellement servir à fabriquer une arme nucléaire, auraient été enfouies à la suite des frappes lancées par les États-Unis contre l’Iran l’été dernier. L’Iran affirme que son programme nucléaire est destiné à des fins pacifiques.

Des frappes non revendiquées

Personne n’a revendiqué vendredi la responsabilité des frappes aériennes qui ont touché l’Iran après que les États-Unis ont déclaré avoir mis fin à leurs attaques, laissant planer le doute sur l’identité de ceux qui pourraient encore prendre pour cible la République islamique.

Les médias d’État iraniens ont cité Esmail Kousari, membre de la commission de sécurité nationale du Parlement iranien et ancien commandant de la Garde révolutionnaire, qui a averti que les Émirats arabes unis «paieraient le prix de leur coopération avec les États-Unis».

Il a accusé les Émirats de jouer un rôle «en coulisses» dans les récentes attaques américaines.

Le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du Commandement central américain, a avancé qu’il n’y avait «aucune mise à jour opérationnelle» après l’annonce du cessez-le-feu par Donald Trump.

Les États arabes du Golfe, qui ont été pris pour cible à plusieurs reprises par l’Iran depuis le début de la guerre le 28 février, n’ont pas répondu dans l’immédiat aux demandes de commentaires concernant ces frappes.

Israël, qui a pris part à la guerre contre l’Iran, n’a pas non plus revendiqué les récentes attaques contre l’Iran.

Mobilisation des médiateurs et des alliés

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, prévoit d’évoquer la question du détroit avec son homologue omanais lors d’une réunion samedi à Oman, a indiqué l’agence de presse officielle iranienne IRNA.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a indiqué à la chaîne publique TRT de son pays qu’il estimait qu’«une solution pourrait être trouvée» ce week-end entre l’Iran et Oman, qui se trouvent de part et d’autre de cet étroit passage maritime.

Les États-Unis continuent d’exhorter les marins à emprunter une route maritime plus au sud, traversant les eaux territoriales d’Oman, afin d’éviter l’Iran.

Le dirigeant des Émirats arabes unis, le cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, s’est rendu au Koweït immédiatement après l’attaque iranienne pour s’entretenir avec l’émir au pouvoir de ce petit pays riche en pétrole.

Les pays arabes du Golfe ont également eu des échanges téléphoniques avec le ministre des Affaires étrangères du Qatar. Ce dernier s’est fortement impliqué, aux côtés du Pakistan, dans la médiation des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis.

Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, s’est entretenu séparément vendredi avec le président iranien Masoud Pezeshkian et avec l’émir régnant du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad Al Thani.

Le gouvernement israélien a indiqué que le premier ministre Benyamin Nétanyahou s’était entretenu avec Donald Trump jeudi soir, ce dernier l’ayant informé «des initiatives américaines dans le Golfe».