Le Sri Lanka a refusé que deux avions de guerre américains soient basés sur son territoire pendant la période du 4 au 8 mars afin de préserver sa neutralité dans le conflit en cours entre l’Iran, les États-Unis et Israël, a révélé vendredi son président.
«Ils (les États-Unis) voulaient redéployer deux avions de guerre armés de huit missiles antinavires d’une base de Djibouti sur l’aéroport international de Mattala (sud) du 4 au 8 mars et nous avons dit non», a déclaré Anura Kumara Dissanayake lors d’un discours devant le Parlement.
Le chef de l’État a précisé que Washington avait fait cette requête le 26 février, avant le début des frappes aériennes américaines et israéliennes sur l’Iran le 28 février.
Le même 26 février, l’Iran a requis la permission pour trois de ses navires de guerre de retour d’un exercice militaire en Inde de faire escale dans un port sri-lankais, a-t-il également affirmé vendredi devant les parlementaires.
«Si nous avions dit oui à l’Iran, il nous aurait fallu dire oui aux États-Unis aussi», a relevé M. Dissanayake. «Mais nous ne l’avons pas fait. Nous maintenons fermement notre position de neutralité».
Le Sri Lanka accueille depuis le 4 mars sur son sol 32 marins rescapés du torpillage par un sous-marin américain, au large de son territoire, de la frégate iranienne Dena, l’un des trois bateaux de guerre de retour d’Inde.
Les 84 corps de marins iraniens récupérés après le naufrage ont été rapatriés en Iran la semaine dernière.
«Nous ne prenons pas parti dans ce conflit, mais tout en maintenant notre neutralité nous agissons pour sauver des vies», avait justifié le président sri-lankais après cet incident.
Son pays a par ailleurs accueilli, au lendemain du torpillage, les 219 membres d’équipage du navire de soutien logistique iranien Bushehr, qui avait signalé un problème de moteur alors qu’il rentrait lui aussi de l’exercice naval en Inde.
L’Inde a de son côté accordé refuge à un troisième bateau de guerre iranien qui avait participé aux mêmes manœuvres, le navire de débarquement amphibie Lavan, dont les 183 hommes d’équipages sont hébergés dans le port indien de Cochin (sud-ouest).
Le sort de ces militaires n’a pas encore été tranché.
