Conflit au Moyen-Orient

Le pétrole remonte avec des doutes sur des négociations entre les États-Unis et l’Iran

L’optimisme lié aux déclarations du président américain pourrait «difficilement perdurer» si l’Iran n’a pas la volonté de désamorcer le conflit.

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Un employé fait le plein d'une voiture dans une station-service YPF à Buenos Aires, en Argentine, le vendredi 20 mars 2026. Un employé fait le plein d'une voiture dans une station-service YPF à Buenos Aires, en Argentine, le vendredi 20 mars 2026. (Rodrigo Abd)

Les cours du pétrole sont en petite hausse mardi, après une lourde chute lundi, alors que le flou demeure sur les négociations entre l’Iran et les États-Unis évoquées par Donald Trump pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient.

Mardi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, prenait 1,36% à 101,30$.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 2,44% à 90,28$.

Donald Trump affirme que son administration s’entretient avec un «haut dirigeant» non identifié, mais l’Iran dément.

Le président du Parlement iranien a démenti sur X toute négociation avec les États-Unis, évoquant «de fausses informations» destinées à «manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les États-Unis et Israël sont enlisés».

«L’idée selon laquelle Trump peut agir seul et influencer le cours des événements ne tient pas si la partie adverse refuse de coopérer», juge Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

Selon elle, l’optimisme lié aux déclarations du président américain pourrait «difficilement perdurer» si l’Iran n’a pas la volonté de désamorcer le conflit.

Trump évoque des discussions «très constructives» avec un responsable iranien Donald Trump a affirmé lundi que son administration avait des discussions avec un responsable iranien non identifié pour mettre fin aux hostilités. Des «points d'accord majeurs» auraient été trouvés, selon le président américain.

Et pendant que le marché tente d’y voir plus clair sur d’éventuelles discussions diplomatiques, «il n’y a toujours aucune perspective de réouverture du détroit d’Ormuz à court terme, ce qui constitue le facteur le plus déterminant pour les cours du pétrole», souligne Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

La quasi-paralysie du détroit entre le Golfe et le golfe d’Oman est le facteur principal de la hausse des cours de l’or noir, car environ 20% de la production mondiale y transite habituellement et qu’une grande partie est impossible à détourner via d’autres voies.

Lundi, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a affirmé que pas moins de «11 millions de barils» de pétrole sont perdus chaque jour, sur une production mondiale d’un peu plus d’une centaine de millions de barils par jour.

Par ailleurs, tant que le conflit se poursuit, le risque de frappes et de dégâts à long terme sur les infrastructures énergétiques augmente.

Le président américain a annoncé le report de cinq jours — jusqu’à la fin de la semaine boursière — de son dernier ultimatum contre Téhéran (des frappes contre les centrales électriques iraniennes en cas de maintien du blocage du détroit d’Ormuz).

Mais «personne ne sait ce qui va se passer ensuite», précise Mme Ozkardeskaya.