Les cours du pétrole montent encore mercredi, le conflit au Moyen-Orient continuant de menacer l’approvisionnement, malgré l’annonce par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) d’une libération de 400 millions de barils issus de réserves stratégiques.
Il s’agit du déblocage «le plus important» de l’histoire de l’institution, a annoncé mercredi l’AIE, qui compte 32 pays membres.
Il est destiné à «compenser la perte d’approvisionnement due à la fermeture effective du détroit» d’Ormuz, selon son directeur général, Fatih Birol.
Après avoir brièvement chuté dans la foulée de cette annonce — qui avait fuité en amont dans la presse— le prix du baril de Brent de la mer du Nord remontait cependant de 3,51% mercredi, à 90,88$.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate gagnait 3,38%, à 86,27$.
Les deux références du brut avaient pris plus de 5% plus tôt en début de séance, évoluant ensuite en dents de scie.
Cette situation contraste avec la lourde rechute de mardi, générée par des propos jugés rassurants de Donald Trump la veille sur une issue rapide du conflit, couplée à la perspective de la libération de barils par l’AIE.
Mais depuis, de nouveaux incidents ont été rapportés à proximité du détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale où transite environ 20% de la production de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le monde.
L’armée iranienne a qualifié mercredi les navires appartenant aux États-Unis, à Israël ou à leurs alliés de «cibles légitimes», lorsqu’ils naviguent sur ce passage maritime stratégique.
En outre, «historiquement, les prélèvements les plus importants provenant des réserves stratégiques» de l’AIE s’élèvent à environ 1,4 million de barils par jour (mb/j) de brut et 0,35 mb/j de produits raffinés, «contre un volume perdu» à Ormuz d’environ 11 mb/j de brut et environ 4 mb/j de produits raffinés, estiment les analystes de DNB.
Selon eux, «ce volume ne suffira pas à équilibrer temporairement le marché» pétrolier.
Une telle mesure «ne peut rétablir les voies de transport maritime interrompues ni éliminer le risque géopolitique lié au détroit d’Ormuz», soulignait plus tôt Stephen Innes, analyste chez SPI AM, la comparant à «verser de l’eau dans un tonneau percé».
«Tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert», les producteurs du Golfe «réduiront volontairement leur production afin d’éviter un remplissage trop rapide des stocks», note Tamas Varga, analyste chez PVM Energy.
En parallèle, l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) a publié des chiffres mitigés sur les stocks américains pour la semaine achevée le 6 mars, indiquant que ceux de brut ont augmenté d’environ 3,82 millions de barils, mais ceux d’essence ont baissé de 3,65 millions de barils.
