Conflit au Moyen-Orient

Conflit au Moyen-Orient: le pétrole repart à la hausse et hésitation sur les marchés mondiaux

Ce conflit «finira plus tôt que les gens ne le pensent», a promis le premier ministre israélien.

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Les États-Unis s’en sortent «extrêmement bien en Iran», affirme Donald Trump Le président américain Donald Trump a de nouveau affirmé que les États-Unis s’en sortent «extrêmement bien en Iran» alors qu’il remettait un prix à l’équipe de football de l’Académie navale. «La différence entre eux et nous, c’est qu’ils avaient une marine il y a deux semaines, et qu’ils n’en ont plus aujourd’hui,» a-t-il ajouté avant de dire qu’«aucune force sur Terre ne peut battre les marins américains ou l’armée américaine».

Après une brève accalmie sur les prix de l’énergie, les cours du pétrole repartent en petite hausse vendredi, tandis que les Bourses mondiales piétinent et que les rendements des emprunts d’État grimpent en raison des risques inflationnistes provoqués par le conflit au Moyen-Orient.

Vendredi, le pétrole Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, gagnait 1,52% à 110,30$. Son équivalent américain, le WTI, prenait quelque 0,43% à 95,96$.

Plus tôt dans les échanges, ils avaient perdu du terrain après que le président américain Donald Trump avait assuré qu’il avait réclamé au premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de ne plus frapper les infrastructures énergétiques en Iran.

«Après 20 jours, je peux vous annoncer que l’Iran n’a aujourd’hui plus la capacité d’enrichir de l’uranium et qu’il n’a plus la capacité de produire des missiles balistiques», a quant à lui déclaré Benjamin Netanyahou. Ce conflit «finira plus tôt que les gens ne le pensent», a-t-il ajouté. Ces propos ont été perçus comme rassurants par les marchés.

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Les investisseurs pétroliers restent particulièrement nerveux «alors que le marché continue d’intégrer un choc d’offre historique, avec près de 10 millions de barils par jour retirés du marché mondial», a souligné John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion Private Bank.

Le gaz restait quant à lui stable. Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne en matière de gaz naturel, cédait quelque 0,25% à 61,70 euros le mégawattheure.

Les rendements grimpent

«Une semaine marquée par des titres liés à la guerre et des décisions de banques centrales s’achève avec une conclusion claire: le conflit au Moyen-Orient s’intensifie, et personne ne sait quelle devrait être la réponse appropriée en matière de politique monétaire», a estimé Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

La Banque du Japon (BoJ), la Banque d’Angleterre (BoE) et la Banque centrale européenne (BCE) ont chacune à leur tour annoncé jeudi un statu quo sur leur taux directeur, dans le sillage de celui de la Réserve fédérale (Fed) américaine mercredi.

«Tout le monde s’accorde toutefois sur un point: la hausse des prix du pétrole et de l’énergie va faire grimper l’inflation à court et moyen terme — selon la durée du conflit — tout en pesant sur la croissance», a relevé Ipek Ozkardeskaya. «C’est un message relayé par les grandes banques centrales du monde entier.»

«Le marché intègre désormais environ deux hausses de taux pour la BCE et la Banque d’Angleterre en 2026, tandis que les anticipations de baisses de taux de la Fed ont été entièrement effacées», selon les analystes de Natixis.

Dans ce contexte, les rendements des emprunts d’État montent encore, «avec des investisseurs qui continuent à réviser les trajectoires de politique monétaire», poursuivent-ils.

Le taux d’emprunt à dix ans britannique, déjà poussé jeudi par les risques sur l’inflation signalés par la BoE, grimpait plus vite que celui des autres grandes économies européennes, touchant environ 4,93% vendredi, un niveau qui n’avait plus été vu depuis 2008.

Le rendement à échéance dix ans des emprunts allemands, référence en Europe, évoluait à 2,99%, contre 2,96% à la clôture jeudi. L’équivalent français s’établissait à 3,68% contre 3,64% jeudi soir.

Le taux d’emprunt américain à 10 ans évoluait quant à lui à 4,30% contre 4,25% jeudi.

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Fin du bal des banques centrales

Les Bourses européennes hésitent après avoir ouvert en petite hausse, naviguant à vue en fonction des prix de l’énergie, de nombreuses économies européennes étant très dépendantes des importations de gaz et de pétrole.

Vendredi, la Bourse de Paris (+0,08%), Francfort (-0,07%) et Londres (+0,10%) restaient proche de l’équilibre, quand Milan gagnait 0,44%.

«Avant le week-end, les intervenants devraient se montrer prudents, car ils ne peuvent pas évaluer la situation d’actualité au Proche-Orient, laquelle peut évoluer à tout moment dans toutes les directions possibles», a signalé l’analyste Andreas Lipkow pour CMC Markets.

En Asie, l’indice Hang Seng de Hong Kong a terminé en baisse de 0,88% et l’indice composite de Shanghai en repli de 1,24%. À Séoul, l’indice phare Kospi a toutefois gagné 0,31%.

La Bourse de Tokyo était fermée en raison d’un jour férié.