Conflit au Moyen-Orient

Le pétrole grimpe après de nouveaux commentaires de Trump sur l’Iran

En cas d’invasion terrestre américaine, Téhéran menace aussi d’ouvrir un «nouveau front» dans le détroit de Bab el-Mandeb.

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Un employé des services postaux américains fait le plein d'un camion dans une station-service, le mardi 3 mars 2026, à Chicago. Un employé des services postaux américains fait le plein d'un camion dans une station-service, le mardi 3 mars 2026, à Chicago. (Erin Hooley)

Les cours du pétrole montent jeudi après que Donald Trump a qualifié les négociateurs iraniens de «différents et “bizarres”» et alors que l’Iran dément toujours toutes discussions avec les États-Unis, faisant craindre une nouvelle escalade du conflit.

Le président américain a aussi exhorté l’Iran à «devenir sérieux avant qu’il ne soit trop tard», sur son réseau Truth Social. Lundi il avait repoussé de cinq jours l’ultimatum visant à frapper des installations énergétiques iraniennes.

Mais publiquement l’Iran nie discuter avec Washington. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé à la télévision d’Etat que l’Iran n’avait «pas l’intention de négocier» mais de «continuer à résister».

Jeudi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, prenait 4,66% à 106,98$.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 4,14% à 94,06$.

En cas d’invasion terrestre américaine, Téhéran menace aussi d’ouvrir un «nouveau front» dans le détroit de Bab el-Mandeb, un autre détroit clé pour le trafic maritime car il est le passage depuis l’Asie vers la mer Rouge et le canal de Suez, a averti mercredi une source militaire citée par l’agence Tasnim.

L’Iran rejette le plan de cessez-le-feu américain La télévision d’État iranienne, citant un responsable non identifié, a affirmé mercredi que l’Iran avait refusé le plan de paix proposé par les États-Unis pour mettre fin à près d’un mois de conflit.

Une perturbation du trafic maritime en mer Rouge «compliquerait la capacité de l’Arabie saoudite à exporter du pétrole via Yanbu, dont le volume a atteint environ 4 millions de barils par jour», soit environ 40% de la production d’avant-conflit du pays, affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

Le port de Yanbu est en effet la principale voie de contournement pour les barils de pétrole bloqués par la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz orchestrée par l’Iran pour faire pression sur les États-Unis.

À mesure que le conflit se poursuit, le déficit d’offre par rapport à la demande devrait se faire ressentir plus fortement.

Jusqu’à présent, «la réaction relativement modérée des prix a été possible parce que le marché est entré dans cette crise avec un système doté d’une importante réserve de sécurité. Mais cette réserve a disparu», alerte Paola Rodriguez-Masiu, analyste chez Rystad Energy.

Et les seuls pays qui possédaient la capacité d’augmenter rapidement leur production de manière significative sont justement les pays du Golfe qui ne peuvent désormais exporter qu’une fraction de leur production d’avant-conflit.

«Les raffineurs européens vont bientôt en faire les frais, car ils devront faire face à une concurrence de plus en plus vive de la part des acheteurs asiatiques», prévient Mme Rodriguez-Masiu.