Conflit au Moyen-Orient

Le Parlement libanais prolonge son mandat de deux ans

Les élections législatives étaient prévues pour mai.

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Un char israélien manœuvre dans le sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le dimanche 8 mars 2026. Un char israélien manœuvre dans le sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le dimanche 8 mars 2026. (Ariel Schalit)

Le Parlement libanais a prolongé lundi son mandat de deux ans en raison de la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui a plongé la région dans un conflit croissant, et de l’intensification des attaques israéliennes contre le Liban à la suite de nouvelles frappes contre le groupe militant Hezbollah.

L’armée israélienne a indiqué lundi qu’elle ciblait la branche financière du Hezbollah, al-Qard Al-Hasan, alors que ses forces terrestres dans le sud du Liban lançaient des «raids ciblés» contre ce qu’elle a qualifié d’infrastructures du groupe.

Dans le même temps, Human Rights Watch a accusé les forces israéliennes d’utiliser des obus incendiaires au phosphore blanc dans des frappes contre des zones résidentielles d’un village libanais, ce qui constitue une violation du droit international.

L’agence de presse officielle libanaise a mentionné que 76 législateurs avaient voté en faveur de cette décision, 41 contre et 4 s’étaient abstenus. Les 13 membres du bloc du Hezbollah au Parlement ont voté en faveur de la prolongation.

La guerre en cours avec Israël, qui a débuté la semaine dernière, a déplacé plus d’un demi-million de personnes au Liban et rendu difficile la tenue d’un scrutin dans une grande partie du pays.

Les élections législatives étaient prévues pour mai.

Les habitants de la banlieue sud de Beyrouth, largement connue sous le nom de Dahiyeh, ont reçu l’ordre d’évacuer avant qu’Israël ne lance ses frappes.

De la fumée s’est élevée au-dessus de Beyrouth après les attaques. La première frappe a détruit un bâtiment abritant un bureau d’al-Qard al-Hasan dans la banlieue sud de Chiyah.

Les frappes sur Chiyah ont été suivies d’autres frappes aériennes sur les zones voisines, obligeant les troupes libanaises à fermer les routes où se trouvent les succursales d’al-Qard al-Hasan afin d’assurer la sécurité de la population.

Israël affirme que le Hezbollah utilise al-Qard al-Hasan pour financer ses activités militaires et a pris pour cible plusieurs succursales du groupe dans le sud et l’est du Liban la semaine dernière.

La guerre «ne fait que commencer» disent les É.-U., l’Iran promet une «destruction totale» Israël et les É.-U. ont continué à bombarder Téhéran et plusieurs villes iraniennes, alors que la guerre entrait dans son cinquième jour.

Dans le sud du Liban, l’armée israélienne a déclaré avoir lancé un «raid ciblé» pour éliminer les agents et les infrastructures du Hezbollah à l’aide d’une brigade de combat sous le commandement de la 36e division.

L’armée a expliqué qu’avant de lancer l’opération, ses forces avaient mené une attaque combinée aérienne et terrestre dans la région.

Le Hezbollah, quant à lui, a mentionné avoir frappé les troupes israéliennes à l’intérieur du Liban avec des missiles antichars et avoir tiré une salve de roquettes sur la ville de Kiryat Shmona, dans le nord d’Israël, en représailles aux frappes israéliennes sur des villes et villages libanais.

La semaine dernière, le gouvernement libanais a déclaré illégales les activités militaires du Hezbollah et a ordonné aux forces de sécurité du pays d’arrêter les responsables des frappes contre Israël.

Trois membres du Hezbollah ont également été arrêtés la semaine dernière alors qu’ils transportaient des armes en direction du sud du Liban et ont été interrogés par les autorités judiciaires. Le tribunal militaire de Beyrouth a ordonné lundi leur libération moyennant une caution de 20 $ US chacun, ont déclaré des responsables judiciaires.

Les responsables ont déclaré que le juge avait demandé aux trois hommes ce qu’ils faisaient et qu’ils avaient répondu qu’ils se rendaient dans le sud du Liban pour combattre les forces israéliennes. Ils se sont exprimés sous couvert d’anonymat, car ils ne sont pas autorisés à parler aux médias.

Des accusations de Human Rights Watch

Dans un rapport publié lundi, Human Rights Watch a souligné que l’armée israélienne avait «illégalement» frappé un village du sud du Liban avec des obus contenant du phosphore blanc, une munition incendiaire controversée.

Après avoir géolocalisé et vérifié sept images, l’organisation a affirmé qu’Israël avait tiré du phosphore blanc à l’aide d’artillerie sur des zones résidentielles du village de Yohmor, dans le sud du Liban. Cela s’est produit quelques heures après que l’armée israélienne ait averti les habitants du village et de dizaines d’autres dans le sud du Liban de se mettre à l’abri.

Human Rights Watch a déclaré ne pas être en mesure de déterminer de manière indépendante si des habitants se trouvaient encore dans la zone ou si quelqu’un avait été blessé.

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L’armée israélienne n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires. Dans le passé, elle a toujours affirmé qu’elle utilisait le phosphore blanc comme écran de fumée et non pour cibler des civils.

Les défenseurs des droits humains affirment que l’utilisation du phosphore blanc est illégale au regard du droit international lorsque cette substance chimique incandescente est tirée sur des zones peuplées.

Elle peut incendier des bâtiments et brûler la chair humaine jusqu’à l’os. Les survivants risquent des infections et des défaillances organiques ou respiratoires, même si leurs brûlures sont légères.