Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mercredi que l’armée était prête à «terminer le travail» à Gaza pour ensuite vider le territoire palestinien de ses deux millions d’habitants.
Le ministre, habitué de ce genre de déclarations, répondait à un adversaire politique, en pleine campagne électorale pour les législatives de fin octobre en Israël.
Cet adversaire avait moqué les autorités qui avaient annoncé la veille avoir tué un commandant de brigade du Hamas palestinien à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.
«Trois ans de guerre, cinq divisions qui se sont battues à Gaza, et il y a encore un commandant et une brigade (du Hamas) à Rafah?» avait fait mine de s’interroger Ofer Winter, candidat d’une nouvelle formation de droite.
Israël a déjà «vidé de leurs habitants Rafah, et 70% de Gaza», depuis le début de l’offensive israélienne lancée après l’attaque sans précédant du Hamas le 7 octobre 2023, a rappelé M. Katz en retour.
Le ministre a affirmé que l’accord de cessez-le-feu conclu sous l’égide des États-Unis en octobre 2025 avait une «valeur précieuse pour tous les Israéliens» car il avait permis le retour des derniers otages détenus à Gaza, et marqué «l’engagement» de Washington à désarmer le mouvement islamiste contrôlant le territoire palestinien.
Mais «nous avons tous compris que cela n’allait pas arriver, et l’armée est prête, quand l’ordre viendra, à éliminer le Hamas, à finir le travail, pour qu’on puisse aussi mettre en œuvre le plan de migration», a déclaré Israël Katz dans un communiqué.
Il avait déjà dit plus tôt dans le mois qu’Israël était prêt à vider Gaza de sa population mais que les autorités attendaient un feu vert des États-Unis — qui selon lui cherchaient d’abord à déterminer où envoyer les deux millions de Gazouis.
L’ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee a démenti tout projet visant à «déplacer des personnes hors de Gaza contre leur volonté».
M. Katz avait décrit ce plan comme volontaire, affirmant que la plupart des Palestiniens voulaient partir.
La quasi-totalité de la population de Gaza a été déplacée à l’intérieur du territoire, dévasté par la guerre.
