Conflit au Moyen-Orient

Le marché pétrolier basculera en «zone rouge» cet été sans solution au Moyen-Orient

Face à cette situation, l’AIE se tient «prête à agir» pour libérer davantage de réserves de pétrole «si les pays le décident».

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Des pétroliers sont au mouillage au large du détroit d'Ormuz, près de Bandar Abbas, en Iran, le 2 mai 2026. Des pétroliers sont au mouillage au large du détroit d'Ormuz, près de Bandar Abbas, en Iran, le 2 mai 2026. (Amirhosein Khorgooi)

Le marché pétrolier pourrait entrer dans une «zone rouge», avec une pénurie d’offres en «juillet ou en août», en l’absence d’issue durable au conflit au Moyen-Orient, a alerté jeudi le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie Fatih Birol.

«Le problème, c’est qu’à la fin juin, début juillet, la saison des voyages commence» et «en général, la demande de pétrole, la consommation de pétrole augmente», a-t-il expliqué lors d’une intervention à un évènement organisé par le think tank Chatham House.

Face à cette situation, le directeur de l’AIE a affirmé que l’organisation se tenait «prête à agir» pour libérer davantage de réserves de pétrole «si les pays le décident».

Pour apaiser les marchés, les 32 pays membres de l’organisation avaient annoncé en mars la libération coordonnée de 426 millions de barils, soit plus du tiers de leurs stocks stratégiques, une décision sans précédent.

«Pire crise énergétique de l’histoire»: l’essence bientôt à 3$ le litre? Les impacts du conflit en Iran sur le secteur pétrolier continuent à se faire ressentir. Et plus la situation perdure, plus on pourrait se rapprocher d’un point de rupture, prévient un expert.

Cependant, selon l’AIE, la paralysie du trafic dans le détroit d’Ormuz liée au conflit au Moyen-Orient a déjà fait perdre plus d’un milliard de barils d’exportations en provenance des producteurs du Golfe, soit une perte pour le marché d’environ 14 millions de barils par jour.

Dans cette situation, et malgré les réserves stratégiques déjà libérées, l’AIE avait déjà sonné l’alarme le 13 mai sur la fonte «record» des réserves pétrolières à mesure que le conflit au Moyen-Orient s’enlise.

Sans résolution rapide du conflit, les prix de l’or noir pourraient flamber davantage.

Et surtout, même en cas de réouverture du détroit d’Ormuz, «il est peu probable que la baisse des prix soit aussi importante que beaucoup l’espèrent», affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, citant le besoin de reconstituer les stocks mondiaux et les problèmes logistiques à résoudre.