La justice libanaise a décidé mercredi d’ouvrir une enquête sur la présence d’un influent banquier aux côtés du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, à Washington, malgré l’interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l’AFP un responsable judiciaire.
Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahou et de son épouse lundi soir, à Washington, provoquant un tollé au Liban.
Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l’ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet.
M. Sehnaoui, décrit par sa compagne comme un «chrétien sioniste», prône la normalisation des relations israélo-libanaises, alors que les deux pays, techniquement toujours en conflit, mènent depuis avril des négociations sous égide américaine pour une issue à leur conflit.
Son établissement, la Société Générale de Banque au Liban (SGBL) fait partie des plus grandes banques libanaises, accusées d’avoir joué un rôle dans l’effondrement économique du pays à partir de 2019. M. Sehnaoui possède également des parts dans des médias.
Un responsable judiciaire qui a requis l’anonymat a indiqué à l’AFP que le procureur général avait demandé aux forces de sécurité d’ouvrir une enquête sur la photo d’Axios «pour établir son authenticité».
«Les mesures légales appropriées seront prises si c’est le cas», a-t-il ajouté.
De leur côté, plusieurs avocats libanais ont saisi la justice, réclamant des poursuites contre M. Sehnaoui pour ses contacts avec Israël et son premier ministre, a-t-il indiqué.
Une autre photo publiée par M. Netanyahou sur X montre M. Sehnaoui derrière lui.
En avril, M. Sehnaoui était apparu dans une vidéo dans laquelle Mme Ortagus annonçait qu’il avait fait un don au musée de l’Holocauste aux États-Unis et le présentait comme un «chrétien sioniste».
Le banquier est dans le viseur des enquêteurs français depuis avril.
Ils suspectent la SGBL et sa filiale française Banque Richelieu France, dont M. Sehnaoui est président non exécutif, d’avoir participé, avec d’autres établissements, à des transferts d’actifs vers l’Europe pendant et après le début de la crise financière de 2019.
