Conflit au Moyen-Orient

Le Hezbollah a lancé des missiles sur une base militaire du nord d’Israël

Le Hezbollah a affirmé que ces tirs constituaient une riposte aux frappes israéliennes.

Publié le 

Jeudi 7 mai 2026, des secouristes fouillent les décombres d'un immeuble détruit la veille lors d'une frappe aérienne israélienne à Dahiyeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban. Jeudi 7 mai 2026, des secouristes fouillent les décombres d'un immeuble détruit la veille lors d'une frappe aérienne israélienne à Dahiyeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban. (Bilal Hussein/AP)

Le Hezbollah pro-iranien a annoncé vendredi avoir visé une base militaire dans le nord d’Israël en réponse à des frappes israéliennes menées au Liban malgré la trêve.

Le mouvement islamiste a précisé avoir lancé des missiles sur une base militaire proche de Nahariya, après des frappes israéliennes ayant fait au moins cinq morts vendredi dans le sud du pays.

Les sirènes d’alerte antiaérienne ont retenti dans plusieurs villes de la région côtière du nord d’Israël, de la frontière libanaise jusqu’à la périphérie de Haïfa, à la suite de tirs en provenance du Liban, a déclaré plus tôt l’armée israélienne.

«L’armée de l’Air israélienne a intercepté un tir, et les autres sont tombés en terrain découvert. Aucun blessé n’a été signalé», a-t-elle ajouté.

Le Hezbollah a affirmé que ces tirs constituaient une riposte aux frappes israéliennes, notamment à celle ayant visé mercredi la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement, pour la première fois en un mois.

Cette frappe a tué un commandant de haut rang du Hezbollah, avait indiqué à l’AFP une source proche du groupe, qui ne l’a pas confirmé.

Les frappes israéliennes se poursuivent et s’intensifient au Liban, en particulier dans le sud.

Des frappes israéliennes sur plusieurs localités du sud du Liban malgré le cessez-le-feu L’aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d’État et des correspondants de l’AFP, au lendemain d’une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien.

Une frappe israélienne sur le village de Toura (sud) a fait quatre morts, dont deux femmes, et huit blessés, selon le ministère de la Santé.

Un secouriste a été tué dans la matinée dans une autre frappe dans le sud, selon la Défense civile.

Selon les termes de la trêve en vigueur depuis le 17 avril, Israël «se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense (…)».

Israël a continué de mener des frappes sur plusieurs localités du sud du Liban, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle) et les correspondants de l’AFP, et a émis des ordres d’évacuation concernant sept villages.

Le Hezbollah a revendiqué pour sa part de nouvelles attaques contre des forces israéliennes en territoire libanais.

Nouvelles négociations

Depuis le début du conflit le 2 mars, les frappes israéliennes au Liban ont fait 2750 morts, selon le dernier bilan du ministère de la Santé publié vendredi, et plus d’un million de déplacés.

«À l’heure actuelle, plus de trois millions de personnes, donc plus de la moitié de la population au Liban, dépend de l’aide humanitaire pour survivre», a déclaré la responsable de l’UE pour les situations de crise humanitaire, Hadja Lahbib, en visite à Beyrouth.

«Consolider le cessez-le-feu» fait partie des «objectifs essentiels» que le Liban attend de sa troisième session de négociations avec Israël prévue le 14 mai à Washington, selon le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi.

Le président libanais Joseph Aoun a ainsi donné vendredi ses directives au chef de la délégation libanaise, le diplomate chevronné Simon Karam, avant son voyage aux États-Unis.

L’ambassadrice libanaise à Washington, le chargé d’affaires adjoint et «un militaire» feront partie de la délégation, a précisé une source officielle à l’AFP.

Les deux premières sessions de ces discussions destinées à aboutir à un accord de paix s’étaient tenues aux États-Unis au niveau des ambassadeurs des deux pays, toujours en état de guerre.