Le Hezbollah a acheminé des renforts en armes et en effectifs dans le sud du Liban depuis le début du conflit avec Israël le 2 mars, a indiqué vendredi le responsable responsable des médias de la formation pro-iranienne.
L’armée libanaise avait affirmé en janvier avoir désarmé le groupe dans le sud du Liban, où des combats opposent Israël au Hezbollah malgré une trêve en vigueur depuis le 17 avril.
Lors d’un entretien avec un groupe de journalistes, dont l’AFP, le directeur des relations avec les médias du Hezbollah, Youssef al Zein, a indiqué que la formation avait pu «introduire des forces et des armes au cours de la bataille».
Conformément à l’accord de cessez-le-feu qui avait mis fin en novembre 2024 à la guerre précédente entre le Hezbollah et Israël, l’armée libanaise avait dit avoir démantelé les structures militaires de l’organisation chiite entre la frontière israélienne et le Litani, à une trentaine de km plus au nord.
Selon Youssef al Zein, les renforts n’ont pas emprunté les routes tenues par l’armée libanaise, qui «n’a pas fermé les autres accès» menant au sud du fleuve Litani.
«Nous sommes convaincus que l’armée est une armée nationale», qui «n’entrera pas dans une confrontation avec le Hezbollah», a-t-il dit.
Pour le responsable, si Israël a pu s’infiltrer en profondeur en territoire libanais c’est parce que «la résistance avait remis ses armes au sud du Litani» et «ses infrastructures, dont les tunnels, ont été détruits».
Mais il a assuré que le Hezbollah avait pu «reconstituer ses forces» après la dernière guerre avec Israël et qu’il était «préparé à une longue bataille».
Israël avait annoncé le 7 avril avoir achevé le déploiement de ses troupes au sol dans le sud du Liban et vouloir maintenir une «zone de sécurité» de 10 km de profondeur.
Interrogé au sujet de l’utilisation récente par le Hezbollah de drones explosifs à fibre optique contre l’armée israélienne, Youssef al Zein a dit qu’il s’agissait d’une «tactique» du groupe.
«Nous connaissons la supériorité de l’ennemi, mais nous profitons dans le même temps de ses points faibles» , a-t-il dit.
M. Zein, qui a remplacé Afif Naboulsi, tué dans une frappe israélienne sur Beyrouth en novembre 2024, a indiqué que ces drones étaient «fabriqués au Liban».
Les attaques menées à l’aide de ces drones ont fait deux morts et plusieurs blessés au cours des trois derniers jours.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit régional le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui mène des frappes sur le pays ayant fait plus de 2500 morts et se poursuivent malgré la trêve.
