Conflit au Moyen-Orient

Le Hamas confirme que son nouveau chef militaire a été tué par Israël

Au moins cinq personnes - dont Mohammed Odeh et des membres de sa famille - ont été tuées.

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Des fidèles musulmans se rassemblent pour les prières de l'Aïd al-Adha, à Gaza, le mercredi 27 mai 2026. (Photo AP/Jehad Alshrafi) Des fidèles musulmans se rassemblent pour les prières de l'Aïd al-Adha, à Gaza, le mercredi 27 mai 2026. Photo AP (Jehad Alshrafi)

Des frappes ont fait au moins sept morts mercredi à Gaza, alors que le Hamas a confirmé que des frappes aériennes israéliennes antérieures avaient tué le nouveau chef de sa branche militaire, moins de deux semaines après le décès de son prédécesseur.

Le Hamas a confirmé dans un communiqué que Mohammed Odeh était mort mardi avec sa femme et deux de ses enfants lors d’une frappe aérienne. Cette annonce fait suite à la déclaration du ministre israélien de la Défense, Israël Katz, qui affirmait que l’armée israélienne avait pris pour cible et tué M. Odeh.

Au moins cinq personnes — dont M. Odeh et des membres de sa famille — ont été tuées et 12 autres blessées lors de la frappe de mardi sur un marché de la ville de Gaza, ont indiqué les hôpitaux locaux. L’attaque a eu lieu à la veille de l’Aïd al-Adha, une fête musulmane majeure.

D’autres frappes dans la ville mercredi soir ont tué au moins sept autres personnes, dont deux enfants et une femme. Plusieurs autres enfants figuraient parmi les plus de 20 blessés, selon l’hôpital Shifa.

L’armée israélienne a déclaré mercredi soir avoir lancé des frappes dans le nord de la bande de Gaza visant deux militants du Hamas.

Des milliers de personnes se sont rassemblées mercredi pour les funérailles collectives de la famille de Mohammed Odeh à Gaza. Les personnes en deuil ont recouvert les quatre corps de drapeaux verts du Hamas et ont défilé depuis une mosquée à travers la ville, en scandant des slogans et en tirant des coups de feu en l’air. Certains portaient des pancartes à son effigie, sur lesquelles figurait la mention «l’un des chefs d’état-major des Brigades Qassam», en référence à la branche militaire du Hamas.

Le Hamas a condamné cette frappe, affirmant que Mohammed Odeh était actif au sein du groupe depuis plus de trois décennies et faisait partie de la première génération qui avait contribué à la création de la branche militaire et armée du mouvement.

Selon le ministre Katz, Mohammed Odeh était «l’un des architectes» des attaques du 7 octobre 2023 qui ont déclenché plus de deux ans de guerre à Gaza.

M. Katz a souligné que c’était la quatrième fois qu’Israël tuait le chef de la branche militaire du Hamas. Izz al-Din al-Haddad, le chef précédent, a été tué le 16 mai.

«Nous nous sommes engagés à éliminer tous ceux qui ont mené le massacre du 7 octobre 2023 et c’est ce que nous ferons: ils sont tous voués à mourir, où qu’ils se trouvent», a écrit M. Katz sur X mercredi.

«Nous nous sommes engagés à ce que le Hamas n’exerce aucun pouvoir, qu’il soit civil ou militaire», a-t-il ajouté.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui se prépare pour des élections à l’automne, a également prévenu qu’Israël prendra pour cible toutes les personnes impliquées dans l’attaque du 7 octobre 2023.

Une fête sobre

L’attaque israélienne a eu lieu alors que les musulmans se préparaient pour l’Aïd al-Adha, habituellement un moment joyeux de réunions familiales et de grands repas.

Cette année encore, la fête est morose à Gaza, où la grande majorité de la population reste déplacée et vit dans des tentes ou des abris de fortune après une guerre dévastatrice.

Selon les estimations de l’ONU, environ 90 % des plus de deux millions d’habitants de Gaza ont perdu leur maison, la plupart d’entre eux se réfugiant désormais dans d’immenses camps de tentes infestés de rats et jonchés de flaques d’eaux usées. Ils dépendent de l’aide humanitaire pour survivre.

«Ce n’est pas l’Aïd (…) nous sommes morts», a déclaré Mahmoud Saqer, un déplacé originaire de Khan Younès.

À Khan Younès et à Gaza, au milieu des bâtiments détruits, les gens se sont rassemblés pour les prières de l’Aïd, sans grands signes de fête.

«Il n’y a pas d’Aïd. Mes enfants ont été tués. L’Aïd n’est que pour ceux qui n’ont perdu personne», a mentionné Ayda Al-Banna, une femme déplacée originaire de la ville de Gaza.

Un cessez-le-feu fragile

Le cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas en octobre dernier reste fragile. Les attaques israéliennes ont tué plus de 880 Palestiniens depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Israël affirme que ses attaques sont une réponse aux violations commises par le Hamas ou aux menaces pesant sur ses soldats, mais les responsables sanitaires palestiniens indiquent que des dizaines de civils font partie des morts. Quatre soldats israéliens ont également été tués au cours de cette période à Gaza.

Israël a lancé son offensive à Gaza en réponse aux attaques du Hamas en octobre 2023, qui ont fait quelque 1200 morts et 251 otages.

Le ministère palestinien de la Santé à Gaza affirme que plus de 72 700 Palestiniens ont été tués par les tirs israéliens. Le ministère, qui fait partie du gouvernement du Hamas à Gaza, ne fournit pas de ventilation des décès entre civils et militants.