🌍 Conflit au Moyen-Orient

Le gouvernement des talibans s’inquiète d’un projet américain d’expulser des Afghans

Selon des informations relayées vendredi par New York Times, plus de 150 Afghans pourraient être expulsés vers l’Afghanistan.

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Un drapeau des talibans flotte au-dessus d'une route menant à l'ancienne ambassade des États-Unis, qui est restée fermée depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021, à Kaboul, en Afghanistan, le 5 octobre 2026. Un drapeau des talibans flotte au-dessus d'une route menant à l'ancienne ambassade des États-Unis, qui est restée fermée depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021, à Kaboul, en Afghanistan, le 5 octobre 2026. (Siddiqullah Alizai/AP Photo/Siddiqullah Alizai)

Les autorités talibanes en Afghanistan ont fait part lundi de leur «profonde inquiétude» quant à la possibilité que l’administration Trump expulse des dizaines de migrants afghans vers le Pakistan, en vue de leur retour ultérieur au pays.

«L’Émirat islamique d’Afghanistan exprime sa profonde inquiétude face aux informations selon lesquelles les États-Unis auraient l’intention d’expulser vers le Pakistan certains réfugiés afghans qui n’ont pas encore pu obtenir de titre de séjour légal dans ce pays», a déclaré Abdul Qahar Balkhi, porte-parole du ministère afghan des Affaires étrangères, dans un communiqué.

Selon des informations relayées vendredi par New York Times, plus de 150 Afghans pourraient être expulsés vers l’Afghanistan, contrôlé par les autorités talibanes, via le Pakistan.

Parmi eux figurent des personnes, ainsi que leurs familles, qui ont apporté leur aide aux forces américaines avant leur retrait en 2021, selon le quotidien américain.

Ce projet est dénoncé par l’organisation #AfghanEvac, qui œuvre à la protection et à la réinsertion des anciens alliés afghans de Washington durant les deux décennies de guerre qui ont opposé de 2001 à 2021 les États-Unis et les forces de l’ex-République afghane aux insurgés talibans.

Bien que les États-Unis ne puissent pas organiser d’expulsions directes vers l’Afghanistan, des responsables ont indiqué au journal que le Pakistan superviserait leur renvoi vers ce pays.

Ces dernières années, l’Allemagne et la Turquie ont également expulsé des ressortissants afghans directement vers l’Afghanistan, malgré les inquiétudes exprimées par les organisations de défense des droits humains quant aux risques encourus par les personnes de retour.

«J’étais prêt à donner ma vie»: le témoignage d’un militaire déployé en Afghanistan après le 11 septembre 2001 Le caporal Patrick Kègle se confie sur ses missions en Afghanistan à l'occasion des 25 ans du 11 septembre 2001.

M. Balkhi a indiqué que les autorités talibanes exhortaient «les États-Unis à adopter une approche responsable et mesurée à cet égard, et à prendre toute décision et mesure concernant le sort des citoyens afghans avec une compréhension mutuelle claire, une coordination nécessaire et en tenant compte des droits et des demandes légitimes des personnes concernées».

«La partie afghane est prête à interagir à cet égard d’une manière pratique et fondée sur la compréhension mutuelle, en prenant la mesure des réalités existantes et en tenant compte des préoccupations légitimes des deux parties», a-t-il ajouté.

Le gouvernement taliban a déclaré une amnistie pour les personnes ayant servi dans les institutions de l’ex-République afghane, mais l’ONU a documenté plusieurs arrestations ces dernières années.

Les deux pays voisins sont en conflit ouvert depuis octobre 2025, quand des combats avaient fait des dizaines de morts et abouti à la fermeture quasi totale de leur frontière terrestre.

Après diverses médiations, les affrontements avaient diminué sans totalement cesser, puis ont viré au conflit ouvert fin février.

Le Pakistan accuse les autorités talibanes afghanes d’abriter et de soutenir le mouvement jihadiste Tehreek-i-Taliban Pakistan (TTP), créé en 2005 et auteur d’attaques meurtrières sur le sol pakistanais, ce que ces dernières démentent.