Conflit au Moyen-Orient

Le Congrès américain attend le plan de Trump pour mettre fin à la guerre en Iran

Trois semaines après le début du conflit, le bilan commence à se dessiner.

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Le président Donald Trump sort de l'avion Air Force One, le vendredi 20 mars 2026 à l'aéroport international de Palm Beach, à West Palm Beach, en Floride. Photo AP/Mark Schiefelbein Le président Donald Trump sort de l'avion Air Force One, le vendredi 20 mars 2026 à l'aéroport international de Palm Beach, à West Palm Beach, en Floride. (Mark Schiefelbein/Associated Press)

Le président Donald Trump a entraîné les États-Unis dans la guerre sans avoir obtenu le soutien du Congrès, mais les législateurs s’interrogent de plus en plus sur la date, les modalités et le coût de la fin de la guerre avec l’Iran.

Trois semaines après le début du conflit, le bilan commence à se dessiner. Au moins 13 militaires américains ont perdu la vie et plus de 230 ont été blessés. Une demande de 200 milliards $ du Pentagone pour financer la guerre est en attente à la Maison-Blanche.

Les alliés sont attaqués, les prix du pétrole montent en flèche et des milliers de soldats américains sont déployés au Moyen-Orient sans qu’une issue soit en vue.

«La vraie question est: qu’essayons-nous finalement d’accomplir ?» a mentionné à l’Associated Press le sénateur Thom Tillis, républicain de Caroline du Nord.

«Je soutiens en général tout ce qui permet d’éliminer les mollahs, a-t-il ajouté. Mais en fin de compte, il faut une sorte d’articulation stratégique, une définition claire de nos objectifs.»

Donald Trump a indiqué vendredi soir qu’il envisageait de «réduire progressivement» les opérations militaires, tout en exposant de nouveaux objectifs et buts.

La décision du président républicain de lancer la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran met à l’épreuve la détermination du Congrès, qui est contrôlé par son parti.

Les républicains ont largement soutenu le commandant en chef, mais ils seront bientôt confrontés à des choix de guerre plus lourds de conséquences.

En vertu de la loi sur les pouvoirs de guerre, le président peut mener des opérations militaires pendant 60 jours sans l’accord du Congrès. Jusqu’à présent, les républicains ont facilement rejeté plusieurs résolutions des démocrates visant à mettre fin à la campagne militaire.

Mais l’administration devra présenter une stratégie plus globale à l’avenir, sous peine de subir un retour de flamme du Congrès, ont souligné des législateurs, d’autant plus qu’on leur demande simultanément d’approuver des milliards de dollars de nouvelles dépenses.

La boutade de M. Trump selon laquelle la guerre prendra fin «quand je le sentirai dans mes tripes» a suscité l’inquiétude.

Le parti du président ne semble pas disposé à le contester directement, même si le conflit s’éternise. Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a affirmé que l’opération militaire prendrait fin rapidement.

«La mission initiale est pratiquement accomplie à présent, a avancé M. Johnson cette semaine. Nous cherchions à détruire les missiles balistiques et leurs moyens de production, ainsi qu’à neutraliser la marine, et ces objectifs ont été atteints.».

M. Johnson a reconnu que la capacité de l’Iran à menacer les navires dans le détroit d’Ormuz prolongeait un peu la situation, d’autant plus que les alliés des États-Unis ont largement rejeté la demande d’aide du président.

«Dès que nous aurons apaisé la situation, je pense que tout sera pratiquement terminé», a soutenu M. Johnson.

Mais les objectifs déclarés de l’administration — notamment mettre fin à la capacité de l’Iran à se doter d’une arme nucléaire et réduire ses stocks de missiles balistiques — ont laissé les législateurs perplexes, car ils sont changeants et insaisissables.

Le Congrès conserve le pouvoir budgétaire

Le Pentagone a fait savoir à la Maison-Blanche qu’il demandait 200 milliards $ US supplémentaires pour l’effort de guerre, une somme extraordinaire qui a peu de chances d’obtenir le soutien du Congrès.

Le chef de file démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a qualifié ce montant de «ridicule».

Les crédits approuvés par le Congrès pour le ministère de la Défense s’élèvent cette année à plus de 800 milliards $ US, et le projet de loi de M. Trump sur les allègements fiscaux a accordé au Pentagone 150 milliards $ US supplémentaires pour les prochaines années, destinés à divers projets et modernisations.

De nombreux législateurs ont rappelé la décision prise par le président George W. Bush au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 de se présenter devant le Congrès pour demander l’autorisation d’utiliser la force militaire, un vote visant à soutenir les actions militaires qu’il proposait en Afghanistan, puis en Irak.

M. Tillis a rappelé que le président Trump disposait d’une marge de manœuvre en vertu de la loi sur les pouvoirs de guerre pour mener cette campagne militaire, mais que cela allait bientôt changer.

«Lorsque vous atteignez la barre des 45 jours, vous devez commencer à définir l’une des deux options suivantes: soit une autorisation d’utiliser la force militaire pour poursuivre l’intervention au-delà de cette date, soit une feuille de route très claire pour le retrait, a-t-il expliqué. Ce sont vraiment les options auxquelles l’administration doit réfléchir.»