Conflit au Moyen-Orient

Le conflit en Iran n’est «pas fini» et il faut «retirer» l’uranium iranien, soutient Netanyahou

Interrogé pour savoir comment il comptait «sortir» l’uranium d’Iran, il a déclaré: «On y va et on le sort.»

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Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou assiste à une cérémonie commémorative à l'occasion de la Journée du souvenir des soldats tombés au combat, ou Yom HaZikaron, au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem, le mardi 21 avril 2026. (Pool Photo via AP) Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou assiste à une cérémonie commémorative à l'occasion de la Journée du souvenir des soldats tombés au combat, ou Yom HaZikaron, au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem, le mardi 21 avril 2026. (Pool Photo via AP) (Ilia Yefimovich)

Le conflit en Iran n’est «pas fini» car il faut encore «retirer d’Iran» les stocks d’uranium enrichi, a déclaré le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à la chaîne américaine CBS, lors d’une entrevue diffusée dimanche.

Le conflit «a permis d’accomplir beaucoup de choses, mais elle n’est pas finie, car il reste encore des matières nucléaires — de l’uranium enrichi — qui doivent être retirées d’Iran», a-t-il dit, ajoutant qu’il restait également «des sites d’enrichissement à démanteler».

Interrogé pour savoir comment il comptait «sortir» l’uranium d’Iran, il a déclaré: «On y va et on le sort.»

«Ce que le président Trump m’a dit, c’est: “Je veux y aller.”» Et je pense que c’est physiquement possible. Ce n’est pas là le problème. Si on a un accord, qu’on y va et qu’on le sort, pourquoi pas? C’est la meilleure solution.»

—  Benjamin Netanyahou, premier ministre israélien

«On finira par le récupérer (…) on le surveille de près», a déclaré le président américain dans une entrevue séparée diffusée dimanche, enregistrée plus tôt dans la semaine.

«Si quelqu’un s’approche de l’endroit, on le saura, et on le fera sauter», a-t-il ajouté auprès de la journaliste indépendante Sharyl Attkisson.

441 kilos

Le sort de l’uranium enrichi détenu par l’Iran est l’un des enjeux au cœur des discussions entre Téhéran et Washington en vue d’une paix durable.

Les dernières données publiques disponibles remontent à juste avant la guerre des 12 jours de juin 2025.

Selon les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran disposait alors de 441 kilos d’uranium enrichi à 60%, proche du seuil des 90% permettant de fabriquer la bombe nucléaire, de 180 kilos enrichis à 20% et de plus de 6 tonnes à 5%.

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Le stock de 60% était réparti sur trois sites: Fordo, Natanz et Ispahan.

Depuis les frappes israélo-américaines de juin 2025 puis celles de cette année, le sort de ce stock reste incertain en l’absence d’inspections de l’AIEA: est-il enfoui comme l’affirme Téhéran? Une partie a-t-elle été déplacée, détruite?

«Si c’est l’Agence internationale de l’énergie atomique qui se charge (de récupérer l’uranium, NDLR), ça nous va aussi», a dit le ministre américain de l’Énergie Chris Wright dans une autre interview à CBS dimanche.

«Comme un échafaudage»

Benjamin Netanyahou a dit espérer la fin du pouvoir iranien, qui signifierait la chute, «comme un échafaudage», des supplétifs de l’Iran au Yémen (Houthis), à Gaza (Hamas) et au Liban (Hezbollah).

«Est-ce possible? Oui. Est-ce certain? Non», a-t-il répondu.

«L’Iran continue à soutenir ces supplétifs, qui cherchent à produire des missiles balistiques. Nous les avons beaucoup réduits mais ils sont toujours là et il reste du travail à faire», a observé le chef du gouvernement israélien.

Alors que le président Trump se rend cette semaine en Chine, il a dit savoir que Pékin soutenait l’arsenal militaire de Téhéran.

«La Chine donne un certain soutien, en particulier des composants de fabrication de missiles», a-t-il déclaré, refusant d’en dire plus.

M. Netanyahou a évalué à 3,8 milliards de dollars (3,2 milliards d’euros) l’aide que son pays reçoit chaque année de Washington et dit vouloir réduire ce montant «à zéro», au moment où des voix s’élèvent aux États-Unis pour dénoncer le soutien à Israël.

«Je crois qu’il est temps que nous apprenions à nous passer de ce soutien militaire», a-t-il estimé. «Commençons dès maintenant et avançons sur 10 ans».