Conflit au Moyen-Orient

Pete Hegseth devant le Congrès pour la première fois depuis le début du conflit en Iran

Le Pentagone évalue le coût du conflit à 25 milliards de dollars jusqu’à présent.

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Pete Hegseth devant le Congrès pour la première fois depuis le début du conflit en Iran Des démocrates sceptiques ont interpellé mercredi le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, pour la première fois depuis que l’administration Trump est entrée en guerre contre l’Iran, donnant lieu à des échanges tendus au sujet d’un conflit coûteux aux objectifs flous, qui a été mené sans l’accord du Congrès.

Des démocrates sceptiques ont interpellé mercredi le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, pour la première fois depuis que l’administration Trump est entrée en guerre contre l’Iran, donnant lieu à des échanges tendus au sujet d’un conflit coûteux aux objectifs flous, qui a été mené sans l’accord du Congrès.

L’audition devant la commission des forces armées de la Chambre des représentants avait pour but de discuter du projet de budget militaire 2027 de l’administration, qui porterait les dépenses de défense à un niveau historique de 1500 milliards $.

M. Hegseth et le chef d’état-major des armées, le général Dan Caine, ont insisté sur la nécessité de disposer de davantage de drones, de systèmes de défense antimissile et de navires de guerre.

Les démocrates ont rapidement mis l’accent sur les coûts galopants de la guerre, l’énorme réduction des stocks de munitions essentielles des États-Unis et le bombardement d’une école qui a tué des enfants. Certains législateurs ont également remis en question les relations du président Donald Trump avec les alliés des États-Unis et ses justifications changeantes sur le conflit.

Le directeur financier du Pentagone a indiqué aux législateurs que le coût estimé de la guerre s’élevait à ce jour à 25 milliards $. Jules Hurst III, sous-secrétaire à la Défense chargé des finances par intérim, a précisé que la majeure partie de cette somme avait été consacrée aux munitions. L’armée a également dépensé des fonds pour mener ses opérations et remplacer du matériel.

M. Hegseth a rejeté les critiques à l’égard de la guerre, affirmant qu’elles étaient politiques, et a suggéré que les législateurs qui ont soulevé des questions à ce sujet constituent l’un des plus grands défis auxquels l’armée américaine doit faire face.

«Le plus grand défi, le plus grand adversaire auquel nous sommes confrontés à ce stade, ce sont les propos imprudents, irresponsables et défaitistes des démocrates du Congrès et de certains républicains», a-t-il soutenu.

Le programme nucléaire iranien

Au cours d’un échange tendu, M. Hegseth a affirmé au représentant démocrate Adam Smith que les installations nucléaires iraniennes avaient été détruites lors d’une attaque américaine en 2025, ce qui a incité M. Smith à remettre en question la justification de l’administration Trump pour avoir déclenché la guerre contre l’Iran moins d’un an plus tard.

«Nous avons dû déclencher cette guerre, comme vous l’avez dit il y a 60 jours, parce que l’arme nucléaire constituait une menace imminente», a soulevé M. Smith, le démocrate le plus haut placé au sein de la commission des forces armées de la Chambre des représentants. «Et maintenant, vous dites qu’elle a été complètement détruite?»

Moyen-Orient: tension élevée malgré le cessez-le-feu Plusieurs voix se sont élevées pour exiger la réouverture d’urgence du détroit d’Ormuz vendredi.

M. Hegseth a répondu en arguant que l’Iran «n’avait pas renoncé à ses ambitions nucléaires» et disposait toujours de milliers de missiles.

M. Smith a remarqué que la guerre «nous a laissés exactement là où nous étions avant».

Les démocrates ont accusé M. Hegseth d’avoir mal géré la guerre et d’avoir menti aux Américains sur les raisons du conflit. Ils ont ajouté que la hausse des prix de l’essence menaçait désormais le portefeuille de millions de personnes aux États-Unis.

«Monsieur le secrétaire Hegseth, vous avez menti au public américain au sujet de cette guerre dès le premier jour, tout comme le président», a lancé le représentant John Garamendi. Il a décrit la guerre comme une «calamité géopolitique», une «gaffe stratégique» et une «blessure auto-infligée à l’Amérique».

M. Hegseth a vivement critiqué les propos de M. Garamandi.

«Qui soutenez-vous ici? a-t-il demandé au législateur. Votre haine envers le président Trump vous empêche de voir» le succès de la guerre.

Augmentation du budget militaire

Bien qu’un cessez-le-feu fragile soit désormais en place, les États-Unis et Israël ont lancé la guerre le 28 février sans contrôle du Congrès. Les démocrates de la Chambre des représentants et du Sénat n’ont pas réussi à faire adopter plusieurs résolutions sur les pouvoirs de guerre qui auraient obligé le président Donald Trump à suspendre le conflit jusqu’à ce que le Congrès autorise de nouvelles actions.

Les républicains ont déclaré qu’ils continueraient à faire confiance au leadership de M. Trump en temps de guerre, pour l’instant, invoquant le programme nucléaire iranien, la possibilité d’une reprise des négociations et les enjeux considérables d’un retrait. Néanmoins une portion de républicains souhaite vivement que le conflit prenne fin, et certains envisagent de futurs votes qui pourraient constituer un test important pour le président si la guerre s’éternise.

Si les démocrates ont interrogé MM. Hegseth et Caine sur l’Iran, les républicains ont orienté leurs questions sur la proposition de budget du ministère de la Défense, plutôt que sur la gestion de la guerre.

Le représentant républicain Mike Rogers, président de la commission des forces armées, a ouvert l’audience de mercredi en mettant l’accent sur l’appel de M. Trump à augmenter les dépenses militaires. Il a souligné les récentes augmentations des dépenses de défense de la Chine, de la Russie et de l’Iran.

«Nous ne disposons pas de suffisamment de munitions, de navires, d’avions ou de systèmes autonomes pour assurer notre domination face à tous nos adversaires, a fait valoir M. Rogers. Ils consacrent une part plus importante de leur PIB à la défense que nous.»

La fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz, un corridor maritime vital pour le pétrole mondial, a fait flamber les prix du carburant et posé des problèmes aux républicains à l’approche des élections de mi-mandat.

Les États-Unis ont réagi en imposant un blocus naval sur le trafic maritime iranien et en renforçant encore leurs forces militaires dans la région. Trois porte-avions américains se trouvent au Moyen-Orient pour la première fois depuis plus de 20 ans.

Le conflit semble pris dans une impasse, M. Trump étant peu susceptible d’accepter la dernière offre de Téhéran proposant de rouvrir le détroit si les États-Unis mettent fin à la guerre, lèvent leur blocus maritime et reportent les négociations sur le nucléaire.

M. Hegseth a esquivé les questions des législateurs sur la guerre, bien que lui et M. Caine aient tenu des points presse télévisés au Pentagone. M. Hegseth a principalement répondu aux questions de journalistes conservateurs, tout en citant des passages de la Bible pour fustiger les médias grand public.