Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a qualifié mercredi l’accord annoncé entre les États-Unis et l’Iran de «grande victoire» pour Téhéran, et de «moment charnière» pour le Liban.
Dans un message télévisé, il a félicité «le peuple iranien, la résistance et les peuples (…) assoiffés d’indépendance et de liberté pour cette grande victoire», et remercié Téhéran pour avoir lié le front libanais à son accord avec les États-Unis.
Le chef du Hezbollah a appelé à «tirer profit» de cet accord irano-américain — qui inclue le front libanais selon des responsables iraniens et américains, et le médiateur pakistanais — pour «expulser Israël» du territoire du pays.
Le Liban mène parallèlement depuis avril des négociations directes avec Israël sous l’égide de Washington, que le Hezbollah a rejetées, et que Beyrouth entend poursuivre indépendamment de l’accord Iran-USA.
Une cinquième session de négociations est prévue la semaine prochaine à Washington entre les deux pays qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques.
Tout en réitérant son rejet de ces négociations directes avec Israël, «faites de compromis», M. Kassem a affirmé qu’elles devaient se limiter à «la sécurité mutuelle», sans intégrer un quelconque «projet de désarmer» son mouvement, qui «ne passera pas».
Ce projet serait «une recette d’Israël pour tout s’approprier et détruire le pays», a-t-il fustigé.
Il a appelé à laisser la question «interne» du désarmement «complètement» en dehors des négociations, au même titre que «les questions d’économie ou de stratégie sécuritaire nationale».
Il a en même temps estimé que «la principale demande» du Liban doit être de «rétablir la souveraineté du pays».
Le Liban a été entraîné dans le conflit lorsque le Hezbollah a tiré le 2 mars des roquettes contre Israël en soutien à Téhéran.
Le pays voisin a riposté par des bombardements massifs qui ont plus de 3 800 morts selon les autorités libanaises et une offensive terrestre dans le sud du pays, où ses troupes occupent une partie du territoire.
