Conflit au Moyen-Orient

Le cercueil du guide suprême iranien Ali Khamenei entame sa route vers l’Irak

À Qom, la foule est aussi venue nombreuse, scandant en chœur «À mort l’Amérique!».

Publié le 

Iran: Une marée humaine au cortège funèbre de Khamenei à Téhéran Une marée humaine est descendue dans les rues de Téhéran le 6 juillet 2026 pour saluer le cortège funèbre de l'ancien guide suprême Ali Khamenei, au troisième jour de funérailles nationales conçues comme une démonstration de force et d'unité.

Les funérailles du guide suprême Ali Khamenei se sont conclues mardi dans la ville sainte de Qom, selon l’agence de presse iranienne Tasnim, avant de se prolonger en Irak, pays où réside également une importante communauté chiite.

Dans un évènement conçu comme une démonstration de force et d’unité, six mois après la répression de manifestations massives contre le pouvoir et la vie chère, des millions de personnes avaient rendu hommage au dirigeant lundi à Téhéran.

À Qom, la foule est aussi venue nombreuse, scandant en chœur «À mort l’Amérique!», slogan régulièrement entendu dans les rassemblements officiels de la République islamique.

Des images aériennes diffusées par la télévision d’État ont montré les rues de cette ville d’environ 1,5 million d’habitants noires de monde.

Les cercueils d’Ali Khamenei et de ses proches, tués avec lui le 28 février au premier jour de frappes israélo-américaines sur l’Iran (une de ses filles, un gendre, une belle-fille et une petite-fille, âgée de 14 mois d’après les autorités), sont désormais attendus mardi soir en Irak.

Ils traverseront lors de processions mercredi les villes de Najaf et Kerbala, les deux sanctuaires les plus saints de l’islam chiite.

À Najaf, principal centre des séminaires religieux et où les plus hauts responsables cléricaux ont étudié et enseigné, le cortège fera route vers l’imposant sanctuaire de l’imam Ali, gendre du prophète Mahomet, quatrième calife de l’islam et premier imam chiite.

Un camion transportant les cercueils de l'ayatollah Ali Khamenei, défunt Guide suprême iranien, et de membres de sa famille se fraye un chemin parmi la foule en deuil lors du cortège funèbre à Qom, haut lieu des études religieuses en Iran, mardi 7 juillet 2026. Un camion transportant les cercueils de l'ayatollah Ali Khamenei, défunt Guide suprême iranien, et de membres de sa famille se fraye un chemin parmi la foule en deuil lors du cortège funèbre à Qom, haut lieu des études religieuses en Iran, mardi 7 juillet 2026. (Mohammad Asadi/AP Photo/Mohammad Asadi)

Un peu plus tard dans la journée, les dépouilles s’envoleront vers Kerbala, au nord, jusqu’aux sanctuaires de l’imam Hussein et de son frère Abbas.

La mort de Hussein, troisième imam chiite, au 7e siècle, est toujours commémorée chaque année par des millions de fidèles lors de la fête de l’Achoura.

Les funérailles de Khamenei, élevé en martyr, sont comparables à celles de son prédécesseur en 1989, l’ayatollah Rouhollah Khomeini, fondateur de la République islamique.

Les autorités irakiennes, qui entretiennent d’étroites relations politiques et religieuses avec le voisin iranien, ont annoncé le déploiement d’un important dispositif de sécurité.

Le général Esmaïl Qaani, responsable de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens iraniens de la Révolution, a salué «la planification minutieuse de cet événement historique» par Bagdad, révélatrice selon lui «du lien spirituel profond unissant les deux nations».

En clôture de cet hommage de six jours, l’inhumation d’Ali Khamenei, qui a présidé aux destinées du pays pendant plus de trois décennies, jusqu’à sa mort à 86 ans, et de ses proches, aura lieu jeudi dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l’Iran), dont le guide suprême était originaire.