Le bilan des victimes de la dernière vague de combats entre Israël et le Hezbollah au Liban a dépassé le seuil des 3000 morts, a annoncé lundi le ministère libanais de la Santé.
Le ministère a précisé que le bilan s’élevait désormais à 3020 morts dans les frappes israéliennes, dont 292 femmes et 211 enfants. Les combats ont débuté le 2 mars lorsque le Hezbollah a tiré sur Israël, deux jours après que les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran, qui soutient le groupe. Les attaques des deux camps n’ont pas cessé malgré un cessez-le-feu fragile.
Depuis, Israël a envahi le sud du Liban et bombardé la capitale, Beyrouth, ainsi que d’autres zones, affirmant qu’il visait à arrêter les efforts de réarmement du Hezbollah.
Le Hezbollah, qui est également une puissante entité politique au Liban, a résisté aux pressions sur un éventuel désarmement, notamment celles du gouvernement libanais.
Plus d’un million de personnes ont été déplacées au Liban en raison des combats, certaines trouvant refuge dans des tentes le long des routes et au bord de la mer à Beyrouth.
Israël, quant à lui, a eu du mal à mettre fin aux fréquentes attaques de drones du Hezbollah visant à la fois ses troupes sur le sol libanais et les villes frontalières du nord d’Israël.
Les frappes israéliennes sur le Liban se sont poursuivies quotidiennement, malgré les pourparlers historiques entre le Liban et Israël à Washington ont abouti à un cessez-le-feu qui a débuté le 17 avril et a été prolongé jusqu’en juin. Les troupes israéliennes restent présentes dans de vastes zones du sud du Liban.
Le Hezbollah, cependant, ne participe pas à ces discussions et s’y oppose. Le groupe soutient plutôt son grand allié, l’Iran, dans ses propres négociations avec les États-Unis, menées sous la médiation du Pakistan.
Les deux pays voisins sont officiellement en état de guerre depuis la création d’Israël en 1948.
Les négociations continuent
Le porte-parole militaire israélien en langue arabe, Avichay Adaree, a appelé lundi les habitants de plusieurs villes situées près de la cité côtière de Tyr, dans le sud du pays, à évacuer avant les frappes aériennes.
Par ailleurs, le groupe militant du Jihad islamique palestinien a déclaré que l’un de ses responsables et sa fille avaient été tués lors d’une frappe israélienne à minuit sur son domicile de Baalbek, près de la frontière syrienne.
Les responsables israéliens se sont concentrés sur le désarmement du Hezbollah et ont décrit les négociations comme un prélude à une éventuelle normalisation des relations diplomatiques.
Les responsables libanais, pour leur part, ont indiqué qu’ils cherchaient à conclure un accord de sécurité ou un armistice qui ne mènerait pas à une normalisation, mettant plutôt l’accent sur le retrait des troupes israéliennes du Liban, tout en maintenant leur engagement à désarmer le Hezbollah.
Malgré la poursuite des combats, les deux parties ont convenu vendredi de prolonger le cessez-le-feu de 45 jours et ont annoncé que des délégations militaires participeraient à des pourparlers directs le 29 mai.
Le président américain, Donald Trump, a publiquement demandé une rencontre entre le président libanais Joseph Aoun et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Cependant, M. Aoun a refusé de se rendre à Washington pour rencontrer ou s’entretenir directement avec M. Nétanyahou à ce stade — une décision qui risquerait de susciter des réactions négatives au Liban, où les pourparlers avec Israël ont donné lieu à des manifestations.
Vingt soldats israéliens, deux civils israéliens en Israël et un sous-traitant du secteur de la défense travaillant dans le sud du Liban ont été tués du côté israélien depuis le début des derniers combats.
Les forces de maintien de la paix de l’ONU au sud du Liban ont également été prises entre deux feux et six de leurs membres ont été tués.
