Le Bahreïn a annoncé samedi que l’Iran avait tiré des missiles balistiques et des drones en direction de son territoire et de celui du Koweït. Le ministère des Affaires étrangères a indiqué qu’ils ont été interceptés et a appelé l’Iran à cesser immédiatement ses attaques contre ses voisins du Golfe.
Le ministère des Affaires étrangères du Koweït a qualifié ces attaques d’«escalade grave» et de «violation flagrante de sa souveraineté». Il a déclaré samedi qu’il se réservait le droit de défendre le pays.
Ces déclarations interviennent quelques heures après que l’armée américaine a annoncé avoir abattu vendredi des missiles balistiques et des drones iraniens lancés en direction du détroit d’Ormuz et des alliés arabes du Golfe, tout en frappant en riposte certains sites de radars de surveillance côtiers de la République islamique.
Cet échange de tirs a encore fragilisé un cessez-le-feu déjà précaire avec Téhéran. Cela intervient alors que l’administration du président américain Donald Trump intensifie la pression sur l’Iran pour qu’il conclue un accord visant à mettre fin au conflit.
Le Commandement central américain a déclaré vendredi soir sur les réseaux sociaux que l’Iran avait tiré sept missiles balistiques en direction du Koweït et du Bahreïn, les forces américaines ayant intercepté six de ces missiles, le septième n’ayant pas atteint sa cible. L’armée a indiqué qu’aucun dommage n’avait été signalé parmi le personnel américain.
Ces missiles balistiques ont été tirés après que les États-Unis ont abattu, plus tôt dans la journée, quatre drones iraniens qui avaient été lancés en direction du détroit d’Ormuz.
«Les drones d’attaque représentaient une menace immédiate pour le trafic maritime régional», a déclaré le Commandement central américain sur les réseaux sociaux.

L’armée koweïtienne a indiqué que ses forces interceptaient les missiles et les drones attaquant le pays, tandis que Bahreïn a déclenché les sirènes d’alerte aérienne et demandé aux habitants de se rendre dans le lieu sûr le plus proche et de suivre les instructions officielles.
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique a déclaré avoir pris pour cible la base aérienne Ali Al Salem, qui accueille les forces américaines au Koweït, ainsi que la 5e flotte de la marine américaine dans le petit pays insulaire du Bahreïn, selon l’agence de presse officielle IRNA.
L’armée américaine impose un blocus sur les ports iraniens en réponse à l’emprise de Téhéran sur le détroit d’Ormouz, un corridor crucial pour les expéditions mondiales de pétrole et de gaz naturel, ce qui a fait flamber les prix de l’énergie et posé des problèmes politiques au Parti républicain du président Donald Trump à l’approche des élections législatives de mi-mandat aux États-Unis.
Le Commandement central américain a indiqué avoir frappé les sites radar, y compris une île dans le détroit, «afin de se défendre contre de nouvelles attaques».
Trump promet une fin rapide au conflit entre les États-Unis et l’Iran
Il s’agissait de la dernière salve d’attaques réciproques qui ont mis à rude épreuve le fragile cessez-le-feu dans la guerre et les efforts visant à conclure un accord pour prolonger cette trêve. Plus tôt cette semaine, des drones iraniens ont gravement endommagé un terminal de passagers de l’aéroport principal du Koweït, tuant une personne, en blessant des dizaines d’autres et entraînant la fermeture temporaire de l’aérodrome.
Bien que ces attaques aient fait naître de nouvelles craintes quant à un éventuel effondrement du cessez-le-feu, le président Trump a déclaré vendredi aux journalistes que «la situation avec l’Iran semblait se dérouler plutôt bien».
«Nous allons nous retirer d’Iran très rapidement et ce sera très ferme, d’une manière ou d’une autre, que ce soit par la voie diplomatique ou par la force», a-t-il déclaré lors d’un événement avec des agriculteurs dans le Wisconsin. «La voie de la force est peut-être la plus facile, mais nous allons nous retirer, et les prix de vos engrais vont baisser considérablement, comme c’était le cas il y a quatre mois.»

Donald Trump semble de plus en plus acculé dans un conflit qui s’est enlisé dans une impasse. Les négociateurs américains et iraniens sont parvenus à un accord provisoire il y a une semaine pour prolonger le cessez-le-feu de 60 jours et entamer un nouveau cycle de pourparlers sur le programme nucléaire iranien. Toutefois, le président américain a exigé des modifications non précisées et les responsables iraniens n’ont donné aucun signe public indiquant qu’ils approuvaient l’accord.
Interrogé vendredi sur les raisons de cette lenteur, le président Trump a déclaré à l’émission Meet the Press de NBC que c’était parce que «c’est très difficile pour eux».
«Il y a des choses qu’ils n’auraient jamais pensé devoir faire et qu’ils vont devoir faire. Ils n’ont pas le choix, et cela prend un peu de temps», a-t-il affirmé lors de l’entrevue.
Les Iraniens disposeraient encore de 21% à 22% de leurs missiles, selon M. Trump.
