🌍 Conflit au Moyen-Orient

L’armée israélienne mène des frappes sur le sud du Liban, sur fond de négociations

Ces nouvelles frappes surviennent alors que le Liban et Israël tiennent à Rome des pourparlers sous parrainage américain.

Mis à jour le 

Publié le 

L’armée israélienne mène des frappes sur le sud du Liban, sur fond de négociations L’armée israélienne a annoncé mener des frappes sur le sud du Liban, en réponse selon elle à une violation du cessez-le-feu par le Hezbollah.

L’armée israélienne a annoncé mercredi mener des frappes sur le sud du Liban, en réponse selon elle à une violation du cessez-le-feu par le Hezbollah pro-iranien, faisant un mort et 11 blessés selon les autorités libanaises.

Ces nouvelles frappes surviennent alors que le Liban et Israël tiennent à Rome des pourparlers sous parrainage américain, portant sur le déploiement de l’armée libanaise dans des «zones pilotes» évacuées par Israël dans le sud du pays, qu’il occupe en partie.

Une source au sein de l’équipe de négociation israélienne a indiqué à l’AFP qu’Israël avait demandé aux Américains de suspendre les pourparlers environ trois heures avant la fin prévue mercredi. Selon cette source, l’ambassadeur israélien à Washington, Yechiel Leiter, a critiqué des «fuites répétées et fallacieuses» de la délégation libanaise.

Mais les discussions devraient reprendre jeudi.

Le Hezbollah rejette ces négociations et refuse de se désarmer, condition pour le déploiement de l’armée libanaise dans le sud selon un accord-cadre approuvé en juin.

Appel à évacuer

Selon l’Agence nationale d’information libanaise (ANI), une personne a été tuée et onze blessées dans une frappe israélienne ayant «visé le toit d’une salle de prière dans le cimetière» de Tebnine.

L’armée israélienne a dit avoir «commencé à mener des frappes ciblées sur le sud du Liban», «en réponse à une violation flagrante du cessez-le-feu par l’organisation terroriste Hezbollah».

Elle avait auparavant émis, pour la première fois depuis plusieurs semaines, un ordre d’évacuation pour un autre village en prévision de bombardements.

À Washington, «la meilleure des conversations» entre Trump et Netanyahu pour faire front contre l’Iran Voyez le compte-rendu de Lila Mouch.

«À la lumière des violations de l’accord de cessez-le-feu par le Hezbollah, l’armée israélienne est contrainte d’intervenir avec force (…) Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos maisons», a ainsi publié sur X la porte-parole arabophone de l’armée, Ella Waweya, dans un message adressé aux habitants d’al-Mansouri.

Cette localité, située à environ neuf kilomètres au sud de Tyr et à dix kilomètres au nord d’Israël, a été la cible, ainsi que ses environs, de plusieurs frappes israéliennes et de tirs d’artillerie au cours des dernières semaines, malgré un cessez-le-feu entré en vigueur en juin.

Le 22 juin, la municipalité avait informé les habitants qu’ils pouvaient rentrer chez eux, tout en leur demandant d’éviter la partie de la ville située dans la «zone de sécurité» instaurée par Israël.

Cette zone dans le sud du Liban désigne une bande de territoire où les forces israéliennes poursuivent leurs opérations. Elle s’étend sur environ dix kilomètres, le long de la frontière, et est censée protéger les habitants du nord d’Israël.

«Honte, humiliation»

Un responsable du département d’État américain a déclaré à l’AFP que les discussions israélo-libanaises de cette semaine porteraient notamment sur «l’élargissement du processus de zone pilote, le règlement de toutes les questions frontalières en suspens et les travaux en vue d’un accord global de paix et de sécurité».

Une première «zone pilote», la localité de Zawtar al-Gharbiya, a vu en juillet l’armée libanaise reprendre le contrôle et les habitants rentrer.

Mardi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a affirmé que les discussions directes n’apporteraient au Liban «rien d’autre que la honte, l’humiliation et des compromis successifs».

Le mouvement chiite a rejeté à plusieurs reprises les négociations directes et refuse de remettre ses armes.

Il avait entraîné le Liban dans le conflit au Moyen-Orient en mars en tirant des roquettes sur Israël, en soutien à Téhéran, visé par une offensive israélo-américaine.

Israël a répliqué par de lourds bombardements aériens et une invasion terrestre dans le sud, faisant, selon Beyrouth, plus de 4 300 morts et provoquant, au pic des violences, le déplacement de plus d’un million de personnes.

Les hostilités ont diminué depuis la signature en juin d’un protocole d’accord irano-américain sur le conflit au Moyen-Orient, incluant un cessez-le-feu au Liban, et la conclusion d’un accord-cadre entre le Liban et Israël parrainé par Washington.

Mais le Liban continue de faire état de frappes et de tirs d’artillerie israéliens sporadiques, ainsi que de dynamitages et démolitions dans des villages du sud.

Depuis le début de ce conflit entre Israël et le Hezbollah, l’armée israélienne a perdu 38 soldats et un employé civil sous contrat.