L’armée israélienne a indiqué avoir ciblé et tué «trois terroristes» vendredi, dans la région de Jénine, au nord de la Cisjordanie occupée, dans une rare frappe aérienne contre le territoire palestinien.
Un photographe de l’AFP à Jénine a vu des soldats israéliens extraire un corps d’une maison en construction, à l’ouest de Jénine.
En Cisjordanie, les violences des colons israéliens contre les Palestiniens ont fortement augmenté depuis le début de la guerre à Gaza, mais le territoire a été relativement épargné par les frappes aériennes de l’armée israélienne.
Les opérations militaires contre les villes palestiniennes de Cisjordanie sont toutefois fréquentes.
La bande de Gaza, autre territoire palestinien, a été dévastée par la guerre menée par Israël, déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas, le 7 octobre 2023.
«Trois terroristes ont été neutralisés dans la région de Jénine», a déclaré l’armée israélienne, identifiant l’un d’entre eux comme Qaïs Bitawi, décrit comme un membre du Hamas ayant appartenu au «réseau terroriste de Jénine», démantelé pendant l’opération «Mur de fer» en 2025.
M. Bitawi avait «entretenu des liens avec le Hamas dans la bande de Gaza et avec des membres du Hamas à l’étranger» et aurait été «impliqué dans la mise en œuvre d’activités terroristes d’envergure», selon l’armée.
La frappe de vendredi a tué deux de ses complices, selon la même source, qui dit avoir trouvé des armes dans leurs véhicules.
La branche armée du Jihad islamique palestinien a annoncé la mort de trois de ses combattants, dont Qaïs Bitawi, qu’elle a décrit comme «l’un des dirigeants les plus éminents des Brigades d’Al-Qods en Cisjordanie».
«Attiser la colère»
De son côté, le Hamas a dénoncé dans un communiqué vendredi «un massacre perpétré par une frappe des forces d’occupation» à Jénine qui «ne fera qu’attiser davantage la colère et les tensions», appelant à la poursuite «de la résistance».
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et son ministre de la Défense Israël Katz ont félicité l’armée pour cette opération.
«Nous n’attendons pas que le terrorisme frappe, nous le traquons, nous prenons d’assaut ses bastions et nous mettons ses partisans hors d’état de nuire», a déclaré Israël Katz.
Le Croissant-Rouge palestinien a indiqué que les forces israéliennes avaient brièvement retenu ses équipes après leur arrivée sur les lieux de l’attaque, confisquant leur matériel médical et leur ordonnant de partir sans avoir évacué aucun patient.
L’opération «Mur de fer» lancée par l’armée israélienne début 2025 visait les camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie, affirmant qu’elle avait pour objectif de lutter contre des groupes armés palestiniens.
Dans ce cadre, en février de la même année, elle avait déployé des chars à Jénine, ville connue pour être un foyer de militantisme palestinien.
Cette opération de grande envergure a entraîné le déplacement de près de 40 000 personnes hors des camps, selon l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA.
Depuis 1967, Israël occupe la Cisjordanie, siège de l’Autorité palestinienne, où plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies illégales au regard du droit international, parmi trois millions de Palestiniens.
Les accords d’Oslo, signés dans les années 1990, ont accordé une autonomie limitée à l’Autorité palestinienne, dont le mouvement au pouvoir, le Fatah, est un rival du Hamas.
Depuis l’attaque du 7 octobre contre Israël, au moins 1 100 Palestiniens de Cisjordanie, dont plusieurs combattants armés, ont été tués par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l’AFP établi à partir des données de l’Autorité palestinienne.
Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 48 Israéliens — civils et militaires — ont été tués lors d’attaques palestiniennes ou au cours d’opérations militaires israéliennes au cours de la même période.
