🌍 Conflit au Moyen-Orient

L'Arabie saoudite sollicite une aide militaire face aux houthistes

Publié le 

Un homme se tient à côté d'un portrait du combattant houthiste Mohammed Omar Ali al-Saqqaf, également connu sous le nom d'Abu Fatima, accroché sur une camionnette lors d'un cortège funèbre à Sanaa, au Yémen, le 16 septembre 2026. (Photo AP) Un homme se tient à côté d'un portrait du combattant houthiste Mohammed Omar Ali al-Saqqaf, également connu sous le nom d'Abu Fatima, accroché sur une camionnette lors d'un cortège funèbre à Sanaa, au Yémen, le 16 septembre 2026. Photo AP (Str)

L’Arabie saoudite commence à manquer d’intercepteurs de missiles et s’est tournée vers ses alliés régionaux et occidentaux pour obtenir de l’aide alors que son bras de fer avec les rebelles houthistes au Yémen s’éternise, ont indiqué mercredi deux responsables régionaux.

Selon ces responsables, les Saoudiens ont demandé à la France, au Royaume-Uni, au Pakistan et à l’Égypte de déployer des moyens de défense aérienne dans la région afin de les aider à se défendre contre les missiles et les drones tirés par les houthistes et d’autres groupes soutenus par l’Iran.

Cette démarche a été mise en œuvre car le principal allié et fournisseur d’armes de l’Arabie saoudite, les États-Unis, a vu ses propres stocks d’intercepteurs s’amenuiser au cours d’une guerre de six mois contre l’Iran, a expliqué l’un des responsables. Les deux responsables se sont exprimés sous couvert d’anonymat, car ils n’étaient pas autorisés à s’adresser aux médias.

Les responsables saoudiens n’ont pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

Mercredi, l’Arabie saoudite a accusé les houthis d’avoir tenté d’attaquer la ville la plus sacrée de l’islam à l’aide d’un drone; les pays de la région ont réagi par une condamnation, mais sans donner de signe de soutien militaire.

Le royaume a déclaré que La Mecque, lieu de naissance du prophète Mahomet, constituait une «ligne rouge» et a affirmé y avoir intercepté le drone. Les houthis ont nié avoir pris La Mecque pour cible. La ville se trouve à environ 1100 kilomètres de la frontière yéménite.

Sans fournir de preuves, les houthistes ont affirmé mercredi avoir abattu un avion de chasse F-15 de la coalition soutenue par l’Arabie saoudite au-dessus de la province centrale de Marib, au Yémen.

Le porte-parole militaire des houthistes, le général de brigade Yahya Saree, n’a pas précisé quand cet incident s’était produit, et l’AP n’a pas pu vérifier cette affirmation de manière indépendante. Il arrive parfois que les rebelles mettent plusieurs jours à revendiquer leurs attaques.

L’Arabie saoudite peine à rallier des soutiens

Alors que le plus grand exportateur mondial de pétrole est pris pour cible, l’Arabie saoudite a besoin d’un débouché sûr pour son pétrole brut ainsi que d’une aide militaire. Aucune de ces deux voies ne semble toutefois clairement tracée.

Tom Wells, le porte-parole du premier ministre britannique, a confirmé mardi que le Royaume-Uni entretenait un «partenariat étroit en matière de défense» avec l’Arabie saoudite. Il a toutefois refusé de préciser si l’Arabie saoudite avait sollicité une aide militaire, ou si des troupes britanniques se trouvaient dans le pays.

Des responsables américains et de l’OTAN ont précédemment reconnu une pénurie critique de missiles intercepteurs en Europe, ce qui soulève des questions quant à la capacité du continent à apporter son aide.

Les États-Unis ont vendu pour des milliards de dollars d’armes à l’Arabie saoudite et se sont engagés à fournir d’autres formes de soutien, mais de hauts responsables américains ont fait part de leur réticence à s’impliquer dans le conflit.

Un responsable du gouvernement turc a indiqué que la Turquie était en pourparlers avec l’Iran et les Émirats arabes unis pour tenter d’apaiser les tensions. Ce responsable, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, car il n’était pas autorisé à s’exprimer publiquement sur la question, n’a pas fourni davantage de détails.

Ces attaques constituent le premier test d’un nouveau pacte de défense entre l’Arabie saoudite, la Turquie (un membre de l’OTAN) et le Pakistan (une puissance nucléaire). Toutefois, des responsables turcs et pakistanais ont déclaré à l’Associated Press qu’ils n’avaient reçu aucune demande d’aide de la part de l’Arabie saoudite en réponse à l’escalade des houthistes.

Ces responsables se sont exprimés sous couvert d’anonymat, car ils n’étaient pas autorisés à s’exprimer publiquement sur cette question.