🌍 Conflit au Moyen-Orient

L’Allemagne et la France dénoncent les propos d’un ministre israélien d’extrême droite sur Gaza

Dans une entrevue, Itamar Ben Gvir a appelé au meurtre de dizaines de personnes à Gaza.

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Des Palestiniens récupèrent du fer dans les décombres d’immeubles détruits par les frappes aériennes israéliennes pendant la guerre, à Gaza, le dimanche 16 août 2026. Photo AP Des Palestiniens récupèrent du fer dans les décombres d’immeubles détruits par les frappes aériennes israéliennes pendant la guerre, à Gaza, le dimanche 16 août 2026. Photo AP (Jehad Alshrafi)

Le chancelier allemand Friedrich Merz «condamne avec la plus grande fermeté» les propos tenus cette semaine par le ministre israélien d’extrême droite Ben Gvir, qui a déclaré qu’Israël devrait tuer «30 ou 40» personnes «chaque nuit à Gaza», a indiqué un porte-parole du gouvernement mercredi. La France a également réagi en jugeant les propos d’«insupportables et inhumains».

M. Merz «condamne avec la plus grande fermeté les appels inhumains et contraires au droit international lancés par le ministre Ben Gvir», qui sont «inacceptables», a dit Sebastian Hille lors d’une conférence de presse régulière à Berlin.

Interrogé dans le journal La Montagne sur la situation au Proche-Orient, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a estimé que «ce qu’il se passe aujourd’hui en Cisjordanie est proprement indigne et devrait tous nous révulser».

«C’est la raison pour laquelle nous avons sanctionné le ministre Ben Gvir, dont les propos récents sont insupportables et inhumains», a-t-il ajouté, en référence notamment à l’interdiction d’entrer sur le sol français faite au ministre israélien depuis le 23 mai, après la diffusion d’une vidéo de militants de la «flottille pour Gaza» agenouillés et mains liées.

Dans une entrevue qui a suscité un vif intérêt dans le monde arabe, Itamar Ben Gvir, ministre chargé de la Sécurité nationale d’Israël, a appelé au meurtre de dizaines de personnes à Gaza.

«Je pense que des éliminations ciblées devraient être menées chaque nuit à Gaza. Éliminez-en 30 ou 40», a-t-il récemment déclaré dans un podcast avec un ancien otage à Gaza.

«Pas seulement ceux qui vous mettent en danger en ce moment même. Ce sont des gens qui ne devraient pas être en vie», a-t-il ajouté.

«Je leur fais un compliment en les qualifiant d’être humains», a-t-il ajouté.

Les défis de l’accord sur le désarmement du Hamas et un retrait israélien de Gaza Voyez le compte-rendu de la situation de Juliette Poireau.

Mercredi, M. Hille a aussi indiqué que «les derniers pas franchis par le gouvernement israélien en Cisjordanie», notamment un nouvel appel d’offres lancé pour la construction de logements sur ce territoire occupé, étaient «suivis avec une grande inquiétude par le chancelier».

«Il l’a fait savoir à plusieurs reprises au premier ministre Benjamin Netanyahu, lors d’entretiens confidentiels comme dans des déclarations publiques», a précisé le porte-parole.

Pour M. Hille, «il ne doit y avoir aucune nouvelle mesure d’annexion en Cisjordanie, ni formelle, ni politique, ni de construction ni d’aucune autre nature, qui dans leurs effets aboutissent de manière de plus en plus évidente à une annexion».

«Elles vont à l’encontre d’une solution à deux États», a-t-il déploré.

M. Barrot n’a également pas exclu que des sanctions supplémentaires soient prises contre les colons israéliens, qui ont mené ces derniers jours de nouvelles actions en Cisjordanie.

«Nous avons, pour la troisième fois, le 28 mai dernier, pris des sanctions européennes à l’encontre de ces colons. De nouvelles sanctions pourraient être prises et toutes les options sont sur la table», a-t-il déclaré.

Outre Itamar Ben Gvir, Paris a également interdit depuis le 9 juin d’entrée sur son territoire un autre ministre israélien d’extrême droite, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui «promeut activement l’annexion de la Cisjordanie» et «revendique ouvertement» la «recolonisation de Gaza».