L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) s’est dite jeudi prête à commencer à définir les «mesures concrètes» qui devront être prises, après la signature de l’accord entre l’Iran et les États-Unis qui prévoit la dilution des stocks d’uranium iraniens sous supervision de l’organisation.
«Maintenant, c’est à nous de nous asseoir avec nos collègues américains et iraniens, et de commencer à définir les mesures concrètes qui devront être prises» dans le cadre de négociations à venir sous 60 jours, a déclaré à la presse à Genève le directeur général de l’AIEA Rafael Grossi.
Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir un protocole d’accord dans lequel Téhéran s’engage à diluer son uranium enrichi en échange de la levée des sanctions internationales.
Le texte lu mercredi par un haut responsable américain à des journalistes, prévoit qu’au cours d’une période de négociations de 60 jours les deux pays discuteront d’un mécanisme permettant de traiter les stocks d’uranium iraniens «en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique)».
«Il s’agit d’une opération très complexe, et ce n’est un secret pour personne. Nous devrons donc être extrêmement précis dans les détails», a encore réagi M. Grossi jeudi, affirmant que l’issue des discussions dépendait «de la volonté politique des deux camps».
«Tout peut fonctionner lorsque les deux parties décident qu’elles veulent que quelque chose soit fait», a-t-il affirmé.
Le sort de plus de 400 kg d’uranium hautement enrichi, vus pour la dernière fois le 10 juin 2025 par les inspecteurs de l’AIEA, demeure à ce jour incertain.
Les pays occidentaux et Israël soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l’arme nucléaire, mais l’Iran se défend d’avoir de telles ambitions militaires.
Téhéran a suspendu sa coopération avec l’Agence depuis les premiers bombardements israéliens et américains contre ses installations, le 13 juin 2025.
Le 10 juin dernier, le Conseil des gouverneurs de l’AIEA a approuvé à Vienne une résolution exigeant de l’Iran qu’il fournisse «la totalité de ses informations» sur «l’inventaire de ses matières nucléaires», comme sur la «conception de ses installations».
La démarche avait été jugé «contre‑productive» par Téhéran dans le contexte des négociations, mais M. Grossi a défendu jeudi la position de l’AIEA, insistant sur le fait que le rôle de l’organisation était de fournir «un travail technique impartial».
«Le fait que le rôle indispensable de l’AIEA soit reconnu dans ce mémorandum d’entente qui vient d’être signé (…) en dit long sur notre crédibilité et sur le rôle indispensable que nous avons à jouer», a-t-il ajouté.
«Je pense que c’est une bonne chose que le mémorandum existe», a ajouté M. Grossi. «Maintenant, le travail technique commence.»
