La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer une «énorme» cargaison d’armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles de longue portée, via sa frontière avec l’Irak.
Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.
Damas a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c’est la première fois qu’il mentionne la frontière avec l’Irak.
Dans un communiqué, le ministère syrien de l’Intérieur a indiqué que ses unités avaient «mis en échec une tentative d’introduction clandestine d’une énorme cargaison d’armes sophistiquées par la frontière syro-irakienne».
Il a précisé qu’elles avaient fouillé un véhicule suspect stationné dans la zone frontalière, et avaient «saisi une cargaison comprenant des missiles de longue portée, des missiles guidés antichars et des drones».
«Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah», a ajouté cette source.
Selon l’autorité syrienne chargée du contrôle des frontières et de la douane, les armes ont été trouvées dans un camion-citerne au point de passage d’Al-Tanf. Le camion avait pour destination la ville côtière syrienne de Banias.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, ce port méditerranéen situé entre Lattaquié et la frontière libanaise est devenu un site d’exportation de pétrole irakien arrivant par camions-citernes, en raison du blocage sporadique du détroit d’Ormuz par l’Iran.
Dans un communiqué jeudi, le Hezbollah a affirmé que «ces affirmations et accusations ne sont rien d’autre que des récits montés de toutes pièces, sans lien avec la réalité, pour porter préjudice» au groupe chiite.
Ce dernier a aussi estimé que ces mises en cause «servent les intérêts américano-sionistes dans la région».
En réaction à l’annonce de la saisie d’armes, les autorités irakiennes ont annoncé qu’elles allaient former une commission d’enquête et «se coordonner» avec la Syrie.
Elles ont ajouté qu’elles «demanderaient des comptes aux responsables de toute négligence, de manière à garantir la sûreté et la sécurité de la frontière commune et empêcher toute tentative de porter atteinte à la sécurité nationale».
L’annonce des autorités syriennes intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu’elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.
Le président syrien Ahmad al-Chareh dit cependant refuser d’intervenir militairement dans le pays voisin contre le groupe pro-iranien, affaibli par le nouveau conflit qu’il a mené contre Israël depuis mars pour soutenir l’Iran.
Depuis qu’une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.
