Volontaires munis de sabres et femmes armées de kalachnikov: vendredi à Téhéran, le pouvoir iranien a mobilisé dans un défilé ses partisans, qui ont juré de défendre leur patrie face à l’ennemi américain après six mois de conflit.
«Je suis prête à prendre les armes et à aller où on me le demandera», assure à l’AFP une employée de 38 ans qui souhaite garder l’anonymat, au côté d’autres Iraniennes en tchador noir.
Des élèves en uniforme militaire défilent au pas de course, armes en main.
Un grand portrait de l’ancien guide suprême Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour du conflit, surplombe la place Enghelab («Révolution»). On y voit aussi celui de son fils Mojtaba, qui lui a succédé en mars et ne s’est toujours pas montré en public.
Dans la foule agitant des pancartes moquant Donald Trump et les soldats américains, nombreux se disent prêts à «se sacrifier» pour leur pays, mot d’ordre de ce rassemblement.

Début avril, au plus fort des bombardements israélo-américains contre l’Iran, le pouvoir avait lancé une campagne de mobilisation baptisée Janfada (Sacrifice pour la patrie).
Selon les autorités, plus de 30 millions de personnes se sont inscrites en ligne, prêtes à être appelées sous les drapeaux, pour une population de quelque 86 millions d’habitants.
Régulièrement, des formations au maniement des armes et aux secours sont organisées.
Veillées nocturnes
Et chaque soir, des partisans se réunissent dans les villes du pays pour «résister» dans ce qui est présenté comme une guerre existentielle pour le pays.
Après déjà 200 nuits de mobilisation, le défilé de vendredi se tient au lendemain de nouvelles menaces de Donald Trump.
«Est-ce que je veux intervenir et les anéantir (le pouvoir iranien) ou non? C’est une décision majeure. Tout est possible avec moi», a déclaré jeudi au média américain Axios le président américain, qui peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire aux États-Unis, en pleine flambée des prix du pétrole.
Renverser la République islamique? «Même pas en rêve!», lui rétorque Mehdi Mohammadi, une arme de guerre sur l’épaule.
«Si (Trump) avait pu le faire au début de la guerre (…) il l’aurait fait», déclare à l’AFP ce retraité de 65 ans venu dans le centre de Téhéran pour réaffirmer son soutien au pouvoir.

Une nouvelle campagne de mobilisation et d’appels aux volontaires doit débuter dans les prochains jours.
Cet appel à l’unité intervient alors que le conflit a aggravé les difficultés économiques des Iraniens, qui peinent à joindre les deux bouts.
En décembre, des manifestations contre la vie chère avaient rapidement tourné à une contestation du système politique en place depuis la Révolution islamique en 1979.
Le conflit a paradoxalement permis au pouvoir de reprendre la main en s’affichant comme rempart face aux États-Unis et Israël, ennemis jurés de la République islamique.
