Le soutien initial du Canada à la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran a évolué depuis le début du conflit, à mesure que les objectifs du président américain Donald Trump se précisaient, indique le premier ministre Mark Carney.
En entrevue à La Presse Canadienne, le premier ministre rappelle que l’ampleur des objectifs américains n’était pas encore connue au départ. Le tout a sans doute évolué au fil du temps.
Si le premier ministre avait exprimé en février un soutien sans équivoque à la guerre que M. Trump avait lancée aux côtés d’Israël, il a, quelques jours plus tard, regretté que Washington n’ait pas consulté les Nations Unies au sujet d’un conflit qui, selon lui, enfreint probablement le droit international.
Ce revirement a suscité de nombreuses critiques. Les détracteurs de l’Iran affirment que M. Carney a édulcoré une position de principe, tandis que les défenseurs du droit international déplorent qu’il ait rompu son engagement de rejeter la coercition exercée par les superpuissances.
Dans une interview accordée vendredi, M. Carney explique que les objectifs de M. Trump dans cette guerre ne sont apparus clairement qu’après plusieurs jours de conflit et que ces objectifs ont évolué au fil du temps.
Il précise que son premier commentaire a été formulé quelques heures après le début de la guerre et que le Canada s’oppose depuis longtemps au régime iranien pour son soutien au terrorisme à l’étranger, les meurtres de Canadiens et sa quête d’armes nucléaires.
M. Carney précise que si le Canada soutient la lutte contre ces actions, il s’inquiète de la manière dont ces objectifs sont poursuivis et se demande si les pays impliqués respectent le droit international.
Alors que le Canada est resté en dehors du conflit jusqu’à présent, le premier ministre a déclaré qu’Ottawa pourrait envoyer des renforts pour rétablir l’accès maritime dans le détroit d’Ormuz si un cessez-le-feu fonctionnel était mis en place. Le gouvernement de Carney cherche à attirer des investissements des pays du Golfe.
M. Carney doit se rendre ce week-end en Arménie pour le sommet de la Communauté politique européenne, qui porte principalement sur la manière dont les pays, de l’Islande à l’Azerbaïdjan, coordonnent leurs actions en matière de politique, de sécurité et d’infrastructures à la suite de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie.
Il explique que «l’une des raisons» pour lesquelles il participe au sommet à titre de seul dirigeant non européen est de discuter avec d’autres chefs de gouvernement qui veulent apporter leur aide une fois qu’un cessez-le-feu durable sera établi.
M. Carney ajoute que, malgré les affirmations de Washington selon lesquelles le conflit aurait été suspendu, il n’y a pas de cessez-le-feu véritable.

