Les présidents français Emmanuel Macron et sud-coréen Lee Jae Myung ont marqué mardi leur volonté de coopérer pour la sécurité du détroit d’Ormuz où Séoul a envoyé une équipe d’évaluation afin d’examiner la liberté de navigation entravée par les hostilités entre les États-Unis et l’Iran.
«La Corée et la France vont continuer à tisser des liens de coopération étroits pour assurer la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement mondiale», a déclaré le président sud-coréen à l’Élysée.
Séoul a envoyé une équipe afin d’évaluer la «situation régionale», a annoncé le ministère sud-coréen de la Défense, tout en soulignant qu’il ne s’agissait pas d’un déploiement de troupes.
Le détroit, verrouillé par l’Iran, voyait transiter un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant le déclenchement des hostilités par les États-Unis et Israël le 28 février.
Paris et Londres maintiennent de leur côté leur offre de participer à sa sécurisation à travers une coalition d’une quarantaine d’États, dont la Corée du Sud, malgré la réserve affichée par Donald Trump.
«C’est dans ce cadre-là que nous continuerons d’avancer, de coordonner nos travaux pour pouvoir œuvrer ensemble à l’apaisement de cette région», a relevé Emmanuel Macron, s’exprimant au côté de son homologue sud-coréen.
«Les perspectives d’une mission multinationale strictement pacifique, une fois un accord trouvé, continuent de faire l’objet de travaux intenses», a-t-il souligné.
Les États-Unis, plutôt circonspects sur le sujet, ont surtout manifesté leur intérêt pour les capacités de déminage européennes. Mais pour l’heure, les États-Unis et l’Iran n’ont toujours pas conclu d’accord de paix et les hostilités continuent dans la région.
Cinq mois après la visite du président français à Séoul, les deux dirigeants ont aussi souligné leur volonté de renforcer leur coopération stratégique, de la défense à l’intelligence artificielle.
Une mission de l’armée de l’Air française comprenant quatre chasseurs Rafale doit s’arrêter à Séoul mi-septembre et les Marines des deux pays faire des escales dans leurs ports respectifs d’ici la fin de l’année.
Il s’agit de «défendre nos souverainetés réciproques» dans un contexte de «recomposition du monde et de bascule», a souligné Emmanuel Macron, pointant notamment le «soutien actif et désinhibé de la Corée du Nord à la guerre d’agression de la Russie en Ukraine».
Paris et Séoul ambitionnent en outre de porter leurs échanges économiques à «20 milliards de dollars d’ici 2030», a précisé le président sud-coréen, contre environ 16 milliards en 2024.
L’entreprise française d’IA Mistral a bénéficié de son côté d’une collecte de fonds de 3 milliards d’euros auprès du géant coréen Samsung notamment pour doper son infrastructure et ses travaux de recherche.
