La Chine a réclamé mercredi l’arrêt total des hostilités au Moyen-Orient et la réouverture rapide du détroit d’Ormuz, et s’est dite prête à s’engager encore plus pour une sortie de crise, lors d’une visite du chef de la diplomatie iranienne.
Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a reçu à Pékin son homologue iranien Abbas Araghchi, dans une nouvelle manifestation de la discrète mais intense activité déployée depuis fin février par Pékin face à un conflit auquel elle n’est pas partie prenante, mais dont les retombées la concerne directement.
La Chine est pour l’Iran un partenaire primordial.
Elle est aussi censée recevoir mi-mai le président américain Donald Trump à la faveur d’un déplacement initialement centré sur le commerce, mais sur lequel menace de planer l’ombre du conflit au Moyen-Orient.
Wang Yi a réaffirmé auprès d’Abbas Araghchi les attentes chinoises, selon un communiqué de ses services: rétablissement de la stabilité, réouverture du détroit d’Ormuz, règlement par la négociation, respect de la souveraineté des pays de la région et dialogue entre l’Iran et les États du Golfe, avec lesquels la Chine a renforcé ses relations ces dernières années.
Il a aussi exprimé la volonté chinoise de peser plus sur le conflit.
La Chine «œuvrera davantage pour apaiser les tensions et mettre fin aux combats», a-t-il dit, cité par ses services. Elle «jouera un rôle plus important dans le rétablissement de la paix et de la tranquillité au Moyen-Orient», a-t-il déclaré.
Visite de Trump
La diplomatie chinoise est créditée d’avoir pris une part significative dans le cessez-le-feu convenu entre Washington et Téhéran, mis à l’épreuve par les agissements des deux camps et l’extrême difficulté pour eux de trouver un terrain d’entente diplomatique.
La Chine est directement concernée par le blocage du détroit d’Ormuz. Plus de la moitié des importations de brut transporté par voie maritime vers la Chine provient du Moyen-Orient et transite majoritairement par le détroit, selon la société d’analyse Kpler.
La Chine est la principale importatrice de pétrole iranien. Plus de 80% des exportations de pétrole iranien étaient à destination de la Chine avant le conflit, selon Kpler.
Les États-Unis appellent régulièrement la Chine à user de son influence sur l’Iran.
«J’espère que les Chinois diront à (Araghchi) ce qu’il faut qu’il entende, à savoir que ce que vous faites dans le détroit vous isole internationalement», a dit mardi le secrétaire d’État américain Marco Rubio.
«Sans délai»
La Chine a fait montre publiquement de retenue dans ses critiques contre les États-Unis et dans son soutien à l’Iran. Il s’agit, conjecturent les analystes, de ne pas s’aliéner les pays du Golfe, mais aussi de ne pas compromettre la visite de M. Trump mi-mai, aux forts enjeux dans un contexte de rivalité commerciale et stratégique exacerbée.
Interrogé mercredi sur le sujet, Lin Jian, un porte-parole de la diplomatie chinoise, s’est encore gardé de confirmer la venue du président américain.
«La Chine considère qu’il faut parvenir sans délai à un arrêt complet des combats, qu’il est encore plus inacceptable de relancer les hostilités, et que continuer à négocier demeure essentiel», a également déclaré Wang Yi mercredi à Abbas Araghchi.
«La Chine espère que les parties concernées répondront le plus vite possible à l’appel pressant de la communauté internationale» à une reprise normale et sûre du trafic maritime à travers le détroit d’Ormuz, a-t-il dit.
Wang Wi a aussi défendu le «droit légitime» de l’Iran au nucléaire civil, alors qu’États-Unis et Iran rivalisent publiquement d’intransigeance sur l’enrichissement d’uranium, qui peut avoir des finalités civiles ou militaires suivant le taux d’enrichissement.
