🌍 Conflit au Moyen-Orient

Israël rejette le plan américain pour Gaza accepté par le Hamas

«Israël rejette le document en 15 points» présenté fin juillet par le «Conseil de Paix» de Donald Trump, et son armée «n’effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé».

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Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et le président américain Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride, le 29 décembre 2025. M. Nétanyahou a rejeté dimanche l’accord annoncé le mois dernier par M. Trump concernant la bande de Gaza. (AP/Ale... Le président Donald Trump écoute le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s'exprimer au club Mar-a-Lago du président Donald Trump, le 29 décembre 2025, à Palm Beach, en Floride. AP Photo (Alex Brandon)

Israël a annoncé dimanche avoir «rejeté» la dernière feuille de route américaine pour la bande de Gaza acceptée par le Hamas, se distanciant de son allié Donald Trump et tentant de satisfaire sa base électorale avant de délicates élections législatives en octobre.

Pour Nikolaï Mladenov, le haut représentant du «Conseil de paix» du président américain à Gaza, il s’agit pourtant de «la seule voie à suivre» pour éviter une attaque similaire à celle du 7 octobre 2023, a-t-il dit à la chaîne israélienne 12.

Le premier ministre Benyamin Netanyahou avait ces derniers jours fait part de ses réticences à l’égard de ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix, conditionnant tout retrait des troupes israéliennes à un «véritable» désarmement du Hamas palestinien.

Le texte est vivement contesté par les alliés d’extrême droite du premier ministre, qui a explicitement annoncé son rejet.

Le mouvement islamiste a dans la foulée appelé les Américains à faire pression sur lui et son gouvernement, «afin qu’ils respectent la feuille de route et n’entravent pas le processus pour des raisons de politique intérieure ou électorale», a indiqué à l’AFP un membre de son bureau politique, Bassem Naïm.

«Israël rejette le document en 15 points» présenté fin juillet par le «Conseil de Paix» de Donald Trump, et son armée «n’effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé», a déclaré le premier ministre lors d’une réunion du cabinet.

Il a qualifié le président américain de «plus grand ami [d’Israël] à la Maison-Blanche», tout en faisant comprendre qu’il était prêt à lui tenir tête: «ils ont des idées, certaines nous conviennent et d’autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions».

Les relations entre les deux hommes s’étaient fortement dégradées en avril, lors des négociations sur un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, Donald Trump s’en prenant alors vivement à son allié israélien, accusé de faire obstacle aux efforts diplomatiques.

Plan impopulaire

M. Netanyahou, dirigeant ayant exercé le pouvoir le plus longtemps en Israël, est au coude-à-coude avec ses adversaires dans certains sondages à l’approche des élections du 27 octobre, les premières depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

Les sondages montrent que le plan pour Gaza est largement impopulaire auprès de son électorat de droite, tandis que ses alliés d’extrême droite l’appellent à le faire échouer.

Le Hamas avait accepté le texte, qui, dans sa version publiée par le «Conseil de Paix», lie son désarmement à un retrait progressif des troupes israéliennes. Il s’est de nouveau dit prêt samedi à le mettre en œuvre.

Face aux inquiétudes israéliennes et à l’issue d’une rencontre lundi avec Benyamin Netanyahou, le haut représentant du «Conseil de Paix» pour Gaza, Nikolaï Mladenov, lui avait assuré qu’Israël ne se retirerait qu’après un désarmement «complet» du Hamas. Mais cela n’a pas suffi à rallier la partie israélienne.

Le haut représentant pour Gaza a indiqué dimanche que des discussions étaient en cours avec Israël, disant espérer qu’elles «débouchent sur une issue positive pour tous».

«S’il y a un vrai désarmement, alors Israël se retirera», a-t-il assuré.

Le texte stipule aussi que le désarmement du Hamas et le stockage de son arsenal seraient assurés par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un organisme technocratique palestinien chargé de gérer le territoire pendant une phase transitoire, actuellement bloqué en Égypte en raison du refus israélien de le laisser entrer.

«Pas de désarmement fictif»

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur à Gaza depuis octobre.

L’Égypte, un médiateur clé, a appelé dimanche toutes les parties à «honorer leurs engagements» et à s’abstenir de toute action susceptible de compromettre les avancées, lors d’un entretien entre le ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, et Nikolaï Mladenov.

Le Hamas défend depuis longtemps un désarmement progressif, plutôt qu’une reddition unilatérale de son arsenal.

Benyamin Netanyahou, faisant état de discussions avec les États-Unis, a insisté dimanche sur la nécessité pour le Hamas de renoncer à toutes ses armes, refusant un «désarmement fictif».

Israël semble avoir réduit, sans toutefois les interrompre, ses opérations à Gaza depuis l’annonce de l’accord sur le désarmement du Hamas la semaine dernière.

Parmi les incidents signalés dimanche, des tirs ont blessé un enfant, qui a été hospitalisé à Khan Younès, dans le sud, selon la Défense civile.

Selon le ministère de la Santé, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont considérés comme fiables par les Nations unies, les opérations israéliennes à Gaza ont fait 1258 morts depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

L’armée israélienne a fait état de cinq morts dans ses rangs au cours de la même période, ainsi que d’un employé civil sous contrat.