🌍 Conflit au Moyen-Orient

Israël n’a pas accepté le plan pour Gaza soutenu par Washington, affirme Netanyahou

«Ce n’est pas notre projet. Nous leur avons transmis nos commentaires.»

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Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou tient une conférence de presse à Jérusalem, le 15 juin 2026. Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou tient une conférence de presse à Jérusalem, le 15 juin 2026. (Ronen Zvulun/Ronen Zvulun/Pool Reuters via AP)

Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a affirmé qu’Israël n’avait pas accepté un plan pour Gaza soutenu par les États-Unis, même après avoir reçu l’assurance qu’un retrait israélien du territoire palestinien n’interviendrait qu’après le désarmement complet du Hamas.

Dans une vidéo publiée mardi soir sur ses réseaux sociaux, M. Netanyahou a déclaré que l’équipe de Donald Trump «estimait qu’elle pouvait obtenir le désarmement du Hamas et la démilitarisation de Gaza. Nous examinons cette possibilité. Ils nous ont envoyé un projet, que nous n’avons pas accepté: ce n’est pas notre projet. Nous leur avons transmis nos commentaires».

M. Netanyahou a rencontré lundi le «Conseil de Paix» de M. Trump, chargé de mettre en œuvre la deuxième phase du plan de sortie de guerre à Gaza. Cet organe a ensuite indiqué sur X que le retrait des forces israéliennes du territoire qu’elles occupent à Gaza, «n’aurait lieu qu’une fois le désarmement achevé» du Hamas.

Le Hamas avait lui dit vendredi accepter un accord annoncé par Donald Trump, prévoyant notamment, selon la version alors publiée par le «Conseil de la Paix», la fin des opérations militaires des deux camps et son désarmement de pair avec un retrait progressif d’Israël.

Mais la pression s’est accrue sur le chef du gouvernement, de la part des alliés d’extrême droite de sa coalition, pour qu’il rejette cette feuille de route. Deux ministres d’extrême droite ont exigé mardi un nouveau vote sur le plan proposé, estimant qu’il ne reflétait pas la teneur des débats initiaux.

Le cabinet de sécurité, où siègent ces derniers, Betsalel Smotrich aux Finances et Orit Strock à la Colonisation, avait approuvé le plan de M. Trump, qui prévoit aussi le déploiement à Gaza de la Force internationale de stabilisation (ISF) en voie de formation.

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M. Netanyahou devait réunir mardi ce cabinet, mais le rendez-vous a été ajourné à jeudi, selon les médias israéliens, en raison de la campagne pour les primaires au sein de son parti, le Likoud, avant les élections du 27 octobre, où il brigue un nouveau mandat en position difficile.

La demande des ministres est «une manœuvre de campagne» pour faire pression sur M. Netanyahou, juge Tal Elovits, chercheur au think tank israélien Molad.

«La droite a toujours tenté de repousser le moment où ce conflit deviendrait un conflit international. Mais, évidemment, le comportement de Tsahal (l’armée, NDLR) sera différent» une fois déployée l’ISF , affirme M. Elovits à l’AFP.

Pour lui, M. Netanyahou n’a toutefois «pas d’autre option que d’écouter le seul ami qui lui reste dans la communauté diplomatique», soit le président américain, avec lequel des tensions sont apparues ces derniers mois.

«M. Netanyahou n’est pas un acteur très proactif dans ce dossier; il l’est peut-être lorsqu’il s’agit de bloquer certaines idées, mais Israël ne met rien sur la table» pointe le chercheur.

Sur fond de pressions américaines pour limiter ses opérations à Gaza, l’armée a, selon des médias, conditionné toute frappe ciblée à l’autorisation du chef d’état-major, sauf en cas de «danger immédiat».

Interrogée, l’armée israélienne a renvoyé l’AFP vers «l’échelon politique», et un porte-parole de M. Netanyahou s’est refusé à tout commentaire.