Le ministre israélien de la Défense a menacé mardi de vider la ville de Gaza de tous ses habitants si le Hamas palestinien enlevait à nouveau des citoyens israéliens, comme il l’a fait lors des attaques du 7 octobre 2023.
«Si ne serait-ce qu’un soldat ou un civil israélien est enlevé, la ville de Gaza sera évacuée de son million d’habitants», a déclaré le ministre Israël Katz, lors d’une cérémonie commémorant la guerre israélo-arabe de 1973.
«C’est la langue que comprennent les organisations terroristes jihadistes à Gaza comme au Liban, et c’est aussi une langue que nous parlons: évacuer la population, détruire les infrastructures et prendre le territoire», a déclaré M. Katz.
Le déplacement forcé d’une population civile est susceptible de constituer un crime de guerre au regard du droit international.
La guerre menée par Israël à Gaza a fait plus de 73 000 morts palestiniens depuis son lancement en réaction aux attaques du Hamas du 7 octobre qui ont fait plus de 1 200 morts en Israël.
La quasi-totalité des quelque deux millions d’habitants de la bande de Gaza ont été déplacés au moins une fois, errant d’un point à l’autre de ce territoire transformé en vaste champ de ruines.
Environ 1,1 million de personnes, dont de nombreuses personnes déplacées, vivent aujourd’hui à la ville de Gaza, principale zone urbaine du territoire palestinien, selon les autorités locales.
La ville comptait environ 700 000 habitants avant le conflit.
M. Katz n’a pas dit si sa mise en garde était motivée par un projet d’enlèvement concret, évoquant de manière évasive «certaines intentions et des rapports des services de renseignement».
Le ministre israélien, connu pour sa rhétorique martiale, a dit que son avertissement s’adressait non seulement au Hamas, mais aussi «à ses soutiens, de l’Iran à (Recep Tayyip) Erdogan», le président turc.
Israël a plusieurs fois affronté l’Iran militairement depuis deux ans, et ses relations avec la Turquie se sont fortement dégradées à cause notamment des critiques d’Ankara au sujet de la guerre à Gaza.
