Israël, qui élargit le champ de ses attaques au Liban, a ordonné mercredi à tous les habitants d’une partie du sud d’évacuer, parallèlement à ses frappes qui ont visé le secteur du palais présidentiel près de Beyrouth et des bastions du Hezbollah, faisant 11 morts.
Le Liban a été entraîné lundi dans le conflit régional après une première attaque contre Israël du mouvement chiite, qui affirmait vouloir «venger» la mort du guide iranien Ali Khamenei dans l’attaque américano-israélienne contre l’Iran.
Le Hezbollah a revendiqué mercredi plusieurs attaques contre Israël, dont une à l’aide de drones contre les Industries aérospatiales israéliennes dans le centre d’Israël, ciblant pour la première fois une région aussi éloignée de la frontière. Il a également dit avoir visé à l’aide d’un «missile de précision» une base militaire du nord du pays.
Parallèlement à ces frappes, l’armée israélienne, qui a déclenché la veille des opérations terrestres, a pénétré à Khiam, une localité dans le sud du Liban à environ six kilomètres de la frontière, selon l’Agence nationale d’information (Ani), l’agence de presse officielle libanaise.
Interrogée par l’AFP, l’armée israélienne a répondu ne pas dévoiler la localisation de ses troupes.
Dans le même temps, l’armée israélienne a demandé aux habitants d’évacuer une vaste zone dans le sud du Liban, entre la frontière avec Israël et le fleuve Litani, à une trentaine de km plus au nord.
Fausses alertes
Pour la première fois, une frappe a visé mercredi un hôtel à Hazmieh, une banlieue chrétienne de Beyrouth proche du palais présidentiel et de nombreuses missions diplomatiques.
Des images de l’AFP montrent le bâtiment de l’hôtel Comfort dont certaines chambres sont éventrées, et des blessés recevant des soins à la réception. D’autres clients évacuent à la hâte l’hôtel parmi les débris. Il n’a pas été possible de savoir quelle cible était visée par cette attaque.
Lena, une habitante de ce quartier résidentiel cossu, affirme avoir cru que la banlieue sud qu’il surplombe était visée.
«Je me suis bien trompée. À deux pas de chez moi, un hôtel était la cible cette fois-ci», dit à l’AFP cette femme de 59 ans.
Dans le même temps, des habitants de plusieurs régions libanaises ont indiqué à l’AFP avoir reçu un message enregistré au téléphone leur demandant d’évacuer, provoquant la panique. L’AFP n’a pas pu s’assurer de la véracité de ces alertes.
L’un de ces appels est parvenu au poste-frontière de Masnaa avec la Syrie, qui a été brièvement fermé avant de vérifier qu’il s’agissait d’une fausse alerte, a indiqué un responsable de sécurité à l’AFP.
La banlieue sud visée
Une série de frappes a visé mercredi matin la banlieue sud de Beyrouth, après des ordres d’évacuation de l’armée israélienne.
L’une des frappes a visé un immeuble proche d’un important hôpital, selon un photographe de l’AFP. De la fumée s’élevait du secteur touché, dans cette banlieue densément peuplée dont une partie des habitants a fui dès le déclenchement des violences lundi.
Au sud de la capitale libanaise, des attaques contre les régions d’Aramoun et de Saadiyat, des zones résidentielles qui ne font pas partie des bastions du Hezbollah, ont fait six morts et huit blessés, selon le ministère de la Santé.
Sur des images de l’AFP prises à Aramoun, on peut voir des véhicules de secours regroupés, tandis que des secouristes transportent une civière.
Les frappes ont également visé un immeuble de quatre étages dans la ville millénaire de Baalbeck, dans l’est du Liban, où le Hezbollah est fortement implanté.
Cinq personnes y ont été tuées et 15 autres blessées, a rapporté l’Agence nationale d’information. Des opérations sont en cours pour retrouver trois personnes encore portées disparues, selon l’Ani.

Un côté du bâtiment s’est effondré et les correspondants de l’AFP ont vu des secouristes fouiller les décombres à la recherche des disparus.
Depuis lundi, au moins 50 personnes ont été tuées et 335 autres blessées dans les bombardements israéliens au Liban, avait annoncé le ministère de la Santé avant les frappes de la nuit.
Trois secouristes ont été tués alors qu’ils portaient assistance «à des personnes blessées dans des explosions dans le district de Tyr» (sud), selon le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus. «Les parties belligérantes doivent respecter le droit international humanitaire et protéger les professionnels de santé», a-t-il rappelé.
D’après les autorités libanaises, le conflit a déjà entraîné le déplacement de plus de 58 000 personnes dans le pays.
L’armée israélienne a indiqué qu’elle frapperait le Hezbollah jusqu’à son désarmement.