🌍 Conflit au Moyen-Orient

Israël démolit un immeuble à Jérusalem-Est, environ 70 Palestiniens déplacés

Les autorités israéliennes ont justifié la démolition de cet immeuble dans le quartier d’At-Tur par l’absence de permis de construire.

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Avec, en arrière-plan, le sanctuaire du Dôme du Rocher situé dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, une femme musulmane marche dans une rue au crépuscule dans le quartier de Ras al-Amud, à Jérusalem-Est, le 5 octobre 2026. Avec, en arrière-plan, le sanctuaire du Dôme du Rocher situé dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, une femme musulmane marche dans une rue au crépuscule dans le quartier de Ras al-Amud, à Jérusalem-Est, le 5 octobre 2026. (Leo Correa/AP Photo/Leo Correa)

Un immeuble résidentiel de cinq étages, où vivaient environ 70 personnes, a été démoli mardi par des bulldozers israéliens à Jérusalem-Est, annexée par Israël, en vue de procéder à un «transfert forcé» des habitants, selon l’autorité locale palestinienne.

Les autorités israéliennes ont justifié la démolition de cet immeuble dans le quartier d’At-Tur par l’absence de permis de construire. Ces autorisations sont quasiment impossibles à obtenir pour les Palestiniens.

L’annexion de Jérusalem-Est par Israël, après sa conquête en 1967 lors de la troisième guerre israélo-arabe, est jugée illégale par l’ONU, qui condamne régulièrement les mesures israéliennes visant à modifier la composition démographique de cette partie majoritairement palestinienne de la Ville sainte.

Le gouvernorat de Jérusalem, l’autorité palestinienne régionale, a qualifié la démolition de «dangereuse escalade dans la politique de démolition des habitations et de transfert forcé (…) ainsi que dans l’imposition d’une nouvelle réalité démographique et urbaine».

Le ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s’est mis en scène aux commandes d’un bulldozer lors de la destruction de l’immeuble.

«J’adore entendre ce bruit. Nous démolissons ce qui est illégal», a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur X.

Des habitants ont indiqué à l’AFP avoir reçu lundi un avis de démolition, sans toutefois savoir quand elle aurait lieu.

Les défis de l’accord sur le désarmement du Hamas et un retrait israélien de Gaza Voyez le compte-rendu de la situation de Juliette Poireau.

Hanine Hreibat, enseignante et mère de quatre enfants qui louait l’un des dix appartements de l’immeuble, a confié à l’AFP avoir vécu «cinq minutes de terreur» lorsque des policiers israéliens ont fait irruption chez eux en pleine nuit.

Ils ne l’ont autorisée à emporter que ses médicaments, de l’argent, son sac à main et sa carte d’identité, a-t-elle raconté.

Après la démolition, des habitants fouillaient les gravats à la recherche de vêtements et d’autres d’effets personnels qu’ils n’avaient pas eu le temps de prendre.

«Nous chercherons un autre logement. Aujourd’hui, nous sommes chez mes beaux-parents et demain chez mes parents», a expliqué Hanine Hreibat.

Plus de 230 000 Israéliens vivent à Jérusalem-Est, où résident plus de 360 000 Palestiniens.

Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l’État auquel ils aspirent. Israël, au contraire, considère Jérusalem comme sa capitale «unifiée et indivisible».