L’armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des «opérations terrestres limitées» contre le mouvement islamiste Hezbollah dans le sud du Liban, où près de 900 personnes ont été tuées depuis le début du conflit selon un nouveau bilan.
La Turquie a «condamné fermement» ces opérations terrestres, mettant en garde contre «une nouvelle catastrophe humanitaire dans la région».
Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 886 personnes, dont 111 enfants et 38 personnels de santé, depuis le 2 mars, a annoncé lundi le ministère de la Santé.
Israël mène depuis le début du mois avec des troupes au sol et des blindés des incursions au sol dans cette région, parallèlement à sa campagne de bombardements massifs sur le Liban, en affirmant vouloir protéger les populations du nord d’Israël des tirs de roquettes du mouvement chiite libanais allié de l’Iran.
Ces derniers jours, les soldats israéliens «ont commencé des opérations terrestres limitées et ciblées contre des bastions clés du Hezbollah dans le sud du Liban», le long de la frontière entre les deux pays, a déclaré l’armée dans un communiqué.
Ces activités ont notamment pour objectif «le démantèlement de l’infrastructure terroriste et l’élimination des terroristes opérant dans la zone, afin de (…) créer une couche supplémentaire de sécurité pour les habitants du nord d’Israël», ajoute le communiqué.
Le Liban a été entraîné dans le conflit au Moyen-Orient lorsque le Hezbollah a attaqué Israël pour venger l’assassinat du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre la République islamique.
Israël a lancé en riposte des frappes aériennes massives sur le Liban.
«Des centaines de roquettes»
L’aviation israélienne a également bombardé plusieurs infrastructures stratégiques, comme un pont traversant le fleuve Litani au sud, et une route reliant le sud du Liban à la plaine de la Békaa dans l’est.
Un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré à la presse que les soldats israéliens occupaient de nouvelles positions dans le sud du Liban, après avoir observé que le Hezbollah étendait ses opérations.
«Nous avons établi que le Hezbollah a l’intention d’étendre ses opérations (…) et de tirer des centaines de roquettes par jour» en direction d’Israël, a affirmé le lieutenant-colonel Nadav Shoshani. «Ils ont également envoyé dans le sud des centaines de terroristes de l’unité al-Radwan», la force d’élite du mouvement chiite, a-t-il dit.
De son côté, le Hezbollah a revendiqué ces derniers jours avoir visé des positions militaires israéliennes à la frontière, et des forces en mouvement à l’intérieur de localités du sud du Liban, notamment Khiam.
C’est à Khiam, localité de la région de Marjeyoun, faisant face à Metula en Israël, que l’armée israélienne a commencé son incursion terrestre.
Lors du précédent conflit entre Israël et le Hezbollah, en 2023 et 2024, 60 000 habitants du nord d’Israël avaient été déplacés par les combats. Le gouvernement israélien a promis cette fois d’éviter de tels déplacements de population.
En revanche, l’armée israélienne a émis des avis d’évacuation couvrant de larges pans du sud du Liban, à plus de 40 kilomètres de la frontière.
Les Libanais déplacés «ne retourneront pas dans leurs foyers au sud de la zone du Litani», c’est-à-dire le long de la frontière, tant que le nord d’Israël ne sera pas sécurisé, a averti lundi le ministre israélien de la Défense Israël Katz.
Le conflit a déjà fait plus de 830 000 déplacés dans tout le Liban, selon les derniers chiffres officiels.
